Depuis le 1er février, Tunisair a confié à une société privée la responsabilité de lutter contre le vol des bagages. On attend les résultats


Le vol des bagages à l’aéroport Tunis-Carthage est un phénomène dont on a trop parlé ces dernières années, sans arrêt. Il n’a pas fini de susciter tapage médiatique et faire subir aux passagers malaise et méfiance. Vols avec effraction, maintes fois tolérés, cela aurait coûté à Tunisair discrédit et désagréments. Et encore moins de confiance en ses prestations, ce qui ne peut que causer la fuite des clients et la baisse des chiffres d’affaires en haute saison. Cela pourrait même perturber la régularité des vols et multiplier les plaintes et réclamations. L’aéroport étant un hub international sans frontières, on ne badine pas avec les biens privés des voyageurs et leur sécurité. Que reste-t-il d’une compagnie aérienne si elle perd sa crédibilité ?

Chiffres à l’appui, l’on a enregistré en 2013 près de 2000 actes de vol de bagages. Au fil des mois, ce nombre a été ramené à quelque 200 cas. Et c’est tant mieux. Mais, cela ne peut, de toute façon, être aussi rassurant. Pire encore, il ne se passe pas un jour ou presque sans qu’une plainte ne soit enregistrée: retards récurrents, cherté des prix des billets, qualité des services qui laisse à désirer.  Cet état des lieux critique n’a pas laissé personne indifférent. Aux côtés des citoyens et passagers, les députés de l’ARP l’ont, vivement, dénoncé, lundi dernier, lors d’une séance d’audition du ministre du Transport par intérim, René Trabelsi, accompagné du P.D.G. de Tunisair, Elyes Mnakbi. Les préparatifs engagés pour la saison estivale 2020, notamment relatifs au retour des Tunisiens à l’étranger, étaient également au centre du débat. L’on a toujours insisté sur la nécessaire restructuration de Tunsiair et la mise à niveau de son personnel. Le but étant de la voir décoller sans difficulté et renforcer, ainsi, sa présence dans d’autres cieux.

L’impunité, un danger banalisé

Le vol des bagages étant, moralement un des comportements des plus écœurants. Pourtant, on n’a jamais entendu parler de mesures draconiennes pour incriminer les auteurs de ces forfaits. Même pas un plan d’urgence salutaire. Ces comportements récidivistes ont mis à nu une certaine défaillance  au niveau du contrôle et de la gestion des affaires de Tunisair. Selon certains, la compagnie nationale y est pour quelque chose. Sans le dire, elle a eu, le 1er de ce mois, recours à une société privée pour lutter contre le vol des bagages. Société, paraît-il, sous-traitante qui prend désormais en charge le traitement des bagages au sein de l’aéroport international Tunis-Carthage, afin de mettre fin à ces actes de vol tant condamnés. «Ce qui permettrait d’accélérer et d’améliorer les services de chargement et de réception des bagages», fait-il encore savoir. Pour en finir avec, faut-il le rappeler, la douane avait créé, depuis juillet 2018, une cellule d’intervention, appelée «cellule de choc». Sa mise en place, note une source douanière, était de nature à «limiter considérablement les cas de vol de bagages à l’intérieur de l’aéroport, puisqu’elle permet de contrôler tout le circuit de transport».

Il est vrai que ce redoublement d’efforts a pu réduire, un tant soit peu, le phénomène. Mais le fait d’avoir recours à une société privée prête à interprétation. Pourquoi Tunisair y fait-elle appel, alors qu’elle dispose de son propre personnel? Renfort ou question d’efficacité ? Son paiement serait-il perçu comme un manque à gagner ? Où sont passés les voleurs de bagages ? Y a-t-il eu des mesures disciplinaires à leur encontre ? Sinon, à quoi servira tout ce changement ?

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