Le monde célèbre, aujourd’hui, la Journée internationale de la femme. C’est que le 8 mars de chaque année représente une opportunité de taille pour les femmes désireuses de mettre en avant les luttes mais aussi les acquis en vue de préparer un avenir meilleur pour les futures générations. Et c’est ainsi que l’édition 2020 a chosi pour thème : «Je suis de la Génération Egalité : levez-vous pour les droits des femmes».

Un choix qui  coincide avec la nouvelle campagne plurigénérationnelle d’ONU Femmes, Generation Egalité, qui marque le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing qui est considéré comme la feuille de route la plus progressiste en matière d’automatisation des femmes et des filles dans les différents pays.

ONU Femmes mentionne que la campagne Génération Égalité rassemble des personnes de tous sexes, âges, ethnicités, races, religions et pays, afin qu’elles prennent des actions qui feront advenir un monde dans lequel règne l’égalité des sexes que nous méritons tous.

«Ensemble, nous voulons nous mobiliser afin de mettre fin à la violence basée sur le genre , nous lançons un appel en faveur de la justice économique et des droits pour toutes et tous , de l’autonomie corporelle et de la santé sexuelle et reproductive et des droits ; et de l’action féministe pour la justice climatique. Nous voulons utiliser la technologie et l’innovation pour favoriser l’égalité des sexes et le leadership féministe», précise Mme Phumzile Mlambo_Ngcuka, directrice exécutive d’ONU femmes dans sa déclaration à l’occasion de la Journée internationale de la femme.

C’est vrai que le monde a réalisé des progrès et des avancées en matière de droits des femme et d’égalité femme-homme, mais, jusqu’à aujourd’hui, aucun pays, même ceux considérés comme très développés en la matière, n’a encore atteint l’égalité des sexes.

Deux fêtes !

A l’instar de plusieurs pays, la Tunisie célèbre cette journée internationale. Mais il faut rappeler que la Tunisienne est l’unique femme dans le monde qui célèbre la fête de la femme à deux dates différentes : le 8 mars, la Journée internationale de la femme et le 13 août, la Fête nationale de la femme tunisienne. Depuis le 13 août 1956, date de l’adoption du «Code du statut personnel», qui abolissait la polygamie, interdisait le mariage forcé, la répudiation, et permettait le divorce, la Tunisie est placée en avant-garde dans le monde musulman en matière d’égalité entre femmes et hommes. Depuis l’indépendance, donc, femmes, hommes, associations, organisations et partis politiques modernistes et démocrates sont engagés dans cette bataille pour renforcer les droits de la femme tunisienne. Après la révolution, les efforts se sont multipliés pour lutter contre tous genre de discriminations à l’égard des femmes : politiques, publiques, sociales… Le 14 juin 2016 est une date marquante dans cette bataille. Pionnière dans les domaines scientifiques et professionnels, la femme tunisienne va renforcer sa présence sur la scène publique et politique. Ainsi, après des années de lutte, le principe de parité horizontale et verticale pour les élections municipales a été adopté par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

En vertu de la parité horizontale, toutes les listes électorales aux élections municipales devront comporter un nombre égal de femmes et d’hommes ; la parité verticale exige, quant à elle, une alternance entre hommes et femmes au sein de la même liste. Selon le rapport de l’ONU Femmes sur les disparités entre les sexes 2015, la Tunisie était classée 69e sur 145 pays en termes d’autonomisation politique. L’inscription de la parité horizontale et verticale dans la loi électorale offre davantage de chances aux femmes d’être élues lors des prochaines élections locales, ainsi qu’une meilleure représentation dans les conseils municipaux et régionaux. C’est un pas important vers un gouvernement inclusif, et en faveur de l’égalité des chances et des sexes.  Et c’est grâce à l’adoption de cette loi électorale que la présence  des femmes dans les conseils municipaux et régionaux a été renforcée. En matière de droits sociaux, l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a voté, le 26 juillet 2017,  une loi historique contre les violences faites à l’encontre des femmes. Cette loi supprime notamment la possibilité pour l’auteur d’un acte sexuel avec une mineure d’échapper à des poursuites en épousant sa victime.  Le 13 août 2017, le président défunt Béji Caïd Essebsi avait annoncé avoir demandé au gouvernement de retirer une circulaire datant de 1973 et empêchant le mariage des Tunisiennes musulmanes avec des non-musulmans, un texte qui était en totale contradiction avec la Constitution de 2014. Ainsi la fameuse circulaire et les textes semblables ont été annulés permettant ainsi aux femmes tunisiennes de se marier avec des non-musulmans. Toutefois, et en dépit de ces acquis politiques, publics, sociaux et professionnels, beaucoup reste à faire pour enraciner le principe d’égalité homme-femme en Tunisie. Malheureusement, il existe plusieurs contradictions entre la législation, le discours politique et la réalité. S’ajoute à cela l’apparition de nouvelles formes de violence et de marginalisation de nature à mettre en péril les droits de la femme tunisienne.

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