ON ne se lassera jamais de répéter que la violence est incompatible avec les règles élémentaires de la démocratie, que le refus de l’écoute de l’autre ne fait que renforcer la culture de la haine et de la rupture et que la politisation des temples du savoir, en premier lieu les universités, ne fait que perdurer le climat de tension et favoriser les affrontements qui peuvent éclater à n’importe quel moment.

Les événements regrettables survenus samedi à la faculté des Lettres de La Manouba, à l’occasion d’une journée d’études sur l’Islam politique, ont malheureusement apporté une nouvelle preuve sur l’ampleur de la fracture ou de la rupture qui caractérisent les rapports établis entre une certaine élite politique nationale et une frange des étudiants tunisiens se réclamant d’une certaine gauche qui n’ont pas saisi l’importance des transformations qui marquent la société tunisienne depuis janvier 2011, à savoir la rupture avec les pratiques de l’exclusion, de la marginalisation et du déni de l’autre.

Quand des étudiants empêchent par la force et la violence des politiciens parmi les dirigeants les plus en vue du parti le plus influent dans le pays de participer à un débat d’idées consacré à un sujet d’une actualité brûlante et, pire encore, recourent à la violence pour les faire sortir de l’enceinte universitaire, causant par ailleurs l’annulation de la manifestation, l’on ne peut que tirer la sonnette d’alarme et appeler à une prise de conscience salvatrice parmi les forces de progrès et de liberté appelées à agir dans le but de mettre un terme aux dérives de certaines parties et à leur fuite en avant, en cette période où la Tunisie est sous les projecteurs du monde entier à la faveur des élections législatives et présidentielle de 2019 approchant à grands pas.

Et l’appel à une prise de conscience immédiate est d’autant plus impératif que l’université où les actes de violence ont été perpétrés samedi dernier doit rester à l’écart des tiraillements politiques et des agendas partisans et demeurer le temple, par excellence, de la connaissance, du savoir et du dialogue.

Les réactions d’indignation enregistrées jusqu’ici sont révélatrices d’une volonté générale de faire face ensemble à la violence et à la haine avant qu’elles ne se répandent.

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