• Premier décès en Tunisie lié au coronavirus
• 39 cas de contamination au Covid-19 dans le pays
• Réunion du Conseil de sécurité nationale aujourd’hui

La Tunisie célèbre aujourd’hui le 64e anniversaire de l’indépendance.

Mais au lieu d’être un moment solennel teinté de magie, l’aube de cette journée s’est levée avec une note de déprime générale.

En effet, il n’y aura ni fanfare ni tambours, ni un défilé militaire pour célébrer une occasion traduisant la résistance du peuple tunisien au colonialisme français,  les sacrifices consentis pour la libération, la consécration de la souveraineté et l’édification de l’Etat national.

Et pour cause, le Covid-19 a encore frappé hier avec plus de force. Bien que le couvre-feu ait été décrété, les cas de contamination sont passés à 39 enregistrant dans leur sillage le premier décès par coronavirus dans le pays. En effet, la directrice de l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes, Nissaf Ben Alia, a annoncé, hier soir, que les résultats des analyses menées sur le corps de la femme âgée décédée mercredi en auto-isolement après son retour de Turquie ont démontré sa contamination  au coronavirus, cause de son décès, affirmant que la Tunisie enregistre le premier décès lié à ce virus. Le doublement du nombre de personnes contaminées et l’enregistrement d’un premier décès font passer la situation en Tunisie à un palier supérieur. C’est d’ailleurs la raison qui a poussé le Chef de l’Etat à convoquer aujourd’hui le Conseil de sécurité nationale pour délibérer sur les mesures supplémentaires à prendre pour protéger autant que possible les citoyens.

Qui aurait imaginé qu’après 64 ans d’indépendance, les Tunisiens  seraient confrontés  à une situation d’état de guerre ? Le pays est face à une terrible épreuve, à un moment de gravité. L’ennemi est parmi nous, mais il est invisible.

Et la lutte contre l’épidémie exige l’unité, un rassemblement nécessaire, car c’est une épreuve à surmonter.

Certes, des décisions ont été prises pour protéger les citoyens, mais elles sont encore insuffisantes.

Jamais les Tunisiens n’ont été aussi heureux pour un couvre-feu comme celui qui a été décrété il y a deux jours.

Jamais, ils n’ont été unanimes à l’idée d’un «confinement généralisé» comme approche efficace pour éviter l’accélération du processus de contamination. Ils attendront aujourd’hui, les yeux rivés sur les chaînes d’info, pour voir si le Conseil de sécurité nationale lâchera le mot «confinement».

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