Le président du Conseil des ministres italien qualifie la Tunisie de «perle de la démocratie en Méditerranée»
Hier, la Tunisie et l’Italie ont acté le renouvellement de leur coopération bilatérale marquant une nouvelle ère et un nouvel élan du partenariat entre les deux pays. L’enjeu est de miser, soutenir et encourager l’expérience tunisienne en l’aidant à réussir sa transition, notamment économique. Il s’agit non seulement d’approfondir et de développer les échanges au niveau du commerce et de l’investissement entre les deux pays, mais d’une déclaration claire de soutenir la Tunisie, seul fleuron de la démocratie dans la région et la prémunir contre les dangers du terrorisme et des conflits qui planent toujours.  A la suite de la multitude de réunions tenues au niveau intergouvernemental au Palais de la Kasbah, les deux chefs de gouvernement tunisien et italien se sont rendus au siège du patronat tunisien où ils se sont adressés aux hommes d’affaires et investisseurs des deux parties et ont donné le son de cloche officiel sur les grandes orientations politiques, stratégiques et économiques des relations tuniso-italiennes.

Tout en mettant en exergue le sens de l’amitié et le partenariat, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a d’une part salué les projets et les accords conclus avec le partenaire italien et d’autre part, appelé la communauté européenne, notamment l’Italie à travailler en étroite collaboration avec la Tunisie pour lutter contre les fléaux du terrorisme et de la migration clandestine.  Dans son intervention, Youssef Chahed, a souligné que la réussite de la transition démocratique et l’ancrage de la démocratie naissante en Tunisie est tributaire des enjeux économiques et de la relance de la croissance. Il a expliqué, à cet égard, que parallèlement au processus transitionnel que la Tunisie est en train de parachever, notamment avec la promulgation de la nouvelle Constitution, outre la tenue des élections de 2014 et des municipales 2018, le gouvernement tunisien a entamé des grandes réformes structurelles en vue d’adopter un nouveau modèle économique qui prône davantage d’équité fiscale et sociale et qui s’oriente de plus en plus vers la durabilité et l’accroissement de l’attractivité du site tunisien. À savoir la modernisation de l’administration, la réforme du système fiscal et la refonte des caisses sociales. Corroborant ses déclarations, Youssef Chahed a cité l’adoption récente des deux lois relatives à la réforme  des caisses de sécurité sociale et à l’indépendance de la Cour des comptes, institution  protagoniste de la lutte contre la corruption, soutient-il.

Combattre ensemble le terrorisme

S’exprimant sur la lutte contre le terrorisme, le chef du gouvernement a déclaré que la Tunisie est indéfectiblement engagée dans la guerre contre le fléau de l’extrémisme qui sévit à travers le monde. Et de soutenir que les efforts sécuritaires considérables qui ont été déployés, notamment durant  ces trois dernières années, ont contribué significativement à la baisse du niveau de la menace terroriste dans le pays. « Le gouvernement consacre 15% du budget pour la sécurité et la défense », argumente-t-il.  Par ailleurs, Youssef Chahed a appelé les partenaires européens à adopter,  à l’échelle régionale, une stratégie globale multidimensionnelle impliquant toutes les parties concernées pour venir à bout de ce fléau.

Intervenant sur les défis socio-économiques, le chef du gouvernement a fait savoir que la Tunisie fait face à un chômage persistant, en l’occurrence dans les rangs des diplômés et un déficit commercial colossal. A cet égard, il a réitéré la demande de la Tunisie pour davantage de soutien économique de la part de la partie européenne, notamment italienne. Il a souligné, à cet effet, que les répercussions positives  d’un tel soutien seront  au bénéfice non seulement de la Tunisie mais également de toute la région.

En outre, le chef du gouvernement a salué à maintes reprises, le soutien, en l’occurrence financier de l’Italie que ce soit au niveau bilatéral ou multilatéral, notamment dans le cadre de l’Union européenne et les  groupes G20 et G7. « Nous nous félicitons de la reconversion de la part de nos dettes envers l’Italie au profit de la réalisation du projet Al Mahdeth, outre une ligne de crédit de 107 millions d’euros au bénéfice des PME tunisiennes dans le cadre du Plan de développement et de coopération 2017-2020 », affirme Chahed. 

Intervenant au sujet de l’immigration, le chef du gouvernement a appelé son homologue italien à adopter une approche commune et globale de gestion des mouvements migratoires, tout en remédiant en profondeur aux causes de ce fléau. Il a noté, à cet égard, les avancées qui ont été enregistrées en la matière, notamment avec le démarrage le 10 avril écoulé des négociations  entre des experts des deux parties sur un projet de texte pour la gestion concertée de la migration et le développement solidaire.

De son côté, Giuseppe Conte a affirmé que la tenue, pour la première fois dans l’histoire des deux pays, d’un sommet  intergouvernemental représente un passage important vers un nouvel élan des relations bilatérales. Soulignant les enjeux géopolitiques qui caractérisent l’environnement politique complexe de la Méditerranée, et qualifiant la Tunisie de « Perle de la démocratie en Méditerranée », Conte a fait savoir que l’Italie souhaite préserver, consolider et appuyer les relations avec la Tunisie en vue d’intensifier le dialogue et éviter les scénarios inquiétants, à l’instar de celui de la Libye. Le président du Conseil des ministres italien a déclaré que l’Italie s’engage à défendre les intérêts de la Tunisie, et ce, dans toutes les instances et communautés internationales. Par ailleurs, il a appelé les Italiens à investir davantage en Tunisie qui ne cesse d’assainir et d’améliorer son environnement des affaires.

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