Les autorités régionales, le gouverneur en tête, ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de passer à l’action.

A force de perdurer, le phénomène de la circulation routière dans la ville de l’Ariana est devenu la bête noire des automobilistes et leur principale source d’irritation. Ces derniers, dès que vous leur en parlez, sont automatiquement atteints du… syndrome de Moebius, cette indésirable pathologie qui empêche le sourire! Et, comble de l’ironie, cela dure depuis les années 90, comme on l’a évoqué à maintes reprises sur ces mêmes colonnes. Or, notre énième sonnette d’alarme déclenchée il y a environ un mois ne semble pas être tombée dans l’oreille d’un sourd, les autorités régionales ayant enfin décidé de passer à l’action. Et cela par la tenue d’une récente séance de travail sous la présidence du gouverneur de l’Ariana, en présence des différentes parties concernées, à savoir les directions régionales relevant des ministères du Transport, de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Équipement, outre la municipalité de la ville. Selon les indiscrétions ayant filtré de cette réunion, la question de la circulation dans la cité des roses a été abondamment  évoquée et disséquée avec force détails. Le tour de table d’usage a été, nous dit-on, d’autant plus riche qu’il a débouché sur la prise d’une batterie de recommandations pour la mise à exécution desquelles une commission spéciale a été montée. Cette commission qui a, à l’occasion, bénéficié de tout le soutien de monsieur le gouverneur en personne, aura à siéger fréquemment  à la lumière des visites entreprises sur le terrain.

Maintenant, si nous saluons cette réaction, bien que tardive, des autorités régionales, nous n’insisterons jamais assez sur le volet du suivi. Nous le disons au même moment où nous avons toujours en  mémoire l’échec des nombreuses initiatives similaires prises par le passé. «Prendre une décision sans l’appliquer équivaut à prendre les gens pour des dupes», tempête un vieil Arianais qui évoque la persistance d’une crise (Ndlr : de la circulation) vieille déjà de quelques décennies. Pour un autre habitant de la ville, visiblement déprimé, «Le mal est fait, la situation étant devenue, techniquement, indéblocable». Et, ma foi, il y a un peu de vrai dans ces propos mélancoliques, dans la mesure où le retard fou accusé par les autorités régionales et locales dans la recherche de solutions salutaires à ce casse-tête a eu pour effet inévitable d’assombrir ce dossier, en paralysant encore plus la circulation routière par l’accumulation de moult problèmes (stationnement, feux de signalisation, invasion des taxis collectifs, goulots d’étranglement sans fin, passage envahissant des bus et camions, absence fréquente des agents de la circulation aux points névralgiques de la ville, notamment aux heures de pointe…).

Non, trêve de pessimisme, et espérons que cette fois sera la bonne.


Mohsen ZRIBI

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