Avec 3.434 morts, le bilan de la pandémie de coronavirus en Espagne a dépassé mercredi celui de la Chine à laquelle le gouvernement de Pedro Sanchez a acheté le matériel sanitaire dont le pays manque.

462 morts en 24 heures dans le bilan de lundi, 514 mardi, 738 mercredi : le nombre de décès augmente chaque jour en Espagne.

La Chine, où est apparu le virus, a dénombré jusqu’ici 3.281 morts, l’Italie 6.820.

Comme l’Italie, l’Espagne s’est tournée vers la Chine pour acheter les équipements de protection dont son personnel soignant manque cruellement.

Le ministre de la Santé Salvador Illa a ainsi annoncé que Madrid avait commandé pour 432 millions d’euros de matériel à la Chine, dont 550 millions de masques, 5,5 millions de tests rapides et 950 respirateurs.

« Des chaînes de production entières (en Chine) vont travailler totalement pour le gouvernement espagnol », a déclaré M. Illa.

Le gouvernement espagnol est critiqué par différentes régions et par les professionnels de santé pour le manque de protection du personnel soignant.

« Nous sommes dans une situation de détresse et d’insécurité totale », ont dénoncé dans un communiqué commun les associations de professionnels de la santé, dont au moins 5.400 ont été contaminés par le virus.

Le nombre de cas confirmés a encore progressé dans le pays entre mardi et mercredi d’environ 20 % à 47.610, même si ce bond pourrait s’expliquer par les tests pratiqués.

Note positive selon les autorités, « la hausse (en pourcentage) quotidienne des décès s’est stabilisée, ce qui implique probablement que nous ne sommes pas très loin du pic » de contagions, a voulu rassurer le directeur du centre d’alertes sanitaires Fernando Simon.

Cependant, les chiffres peuvent continuer à « croître dans les prochains jours », en raison du décalage entre l’apparition des symptômes et le diagnostic de la maladie, a-t-il averti.

La région de Madrid reste la plus touchée avec plus de la moitié des morts du pays (1.825 morts, 290 de plus que mardi), et plus de 14.500 cas.

Face à la saturation des hôpitaux, les autorités madrilènes ont monté à la hâte un hôpital de campagne dans les grands halls de la foire commerciale qui pourra compter à terme 5.500 lits. Elles ont aussi installé une morgue dans la patinoire d’un centre commercial de la ville.

Mesures plus drastiques écartées

Depuis le 14 mars, les près de 47 millions d’Espagnols sont soumis à un confinement des plus stricts. 

Ils ne sont autorisés à sortir de chez eux, individuellement et en gardant leurs distances, que pour acheter des produits de première nécessité, se rendre au travail quand le télétravail n’est pas possible ou encore sortir brièvement leur chien.

Le parlement doit ratifier mercredi le prolongement de ce confinement jusqu’à la nuit du 11 au 12 avril demandé par le gouvernement de Pedro Sanchez qui s’est refusé jusqu’ici à stopper toute activité économique non essentielle comme l’a fait l’Italie et comme le réclament certaines régions.

« Nous sommes déjà dans une situation dans laquelle l’activité économique s’est beaucoup arrêtée », s’est défendue la ministre de l’Économie Nadia Calviño sur la radio publique. « L’objectif ne doit pas être d’arrêter l’activité mais de protéger les salariés », a-t-elle insisté.

Au-delà de la Chine, l’armée espagnole avait fait appel mardi à l’aide de l’Otan pour pallier le manque de matériel sanitaire.

L’Espagne attend aussi l’appui de la Commission européenne, qui a lancé un appel d’offres conjoint d’équipements de protection pour 25 pays. Du matériel qui devrait arriver dans « deux semaines », selon la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

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