L’enjeu présidentiel est plus que jamais au centre des débats, nonobstant le peu de cas que font certains acteurs de la vie politique des prérogatives constitutionnelles que détient le chef de l’Etat.

Dans la perspective des élections aussi bien présidentielles que législative, les troupes de militants dont peut se prévaloir le président de la République se sont avérées, hier, au terme du congrès de Tahya Tounès et des renvois mutuels hors des rangs de Nida Tounès aussi bien de Hafedh Caïd Essebsi que de Sofiène Toubel, non seulement très divisées mais prises dans des conflits et des contradictions qui empêchent de considérer l’avenir comme favorable à leur réunification dans une bataille électorale pouvant rééditer l’exploit de 2014.

Cependant, si le mystère Béji Caïd Essebsi reste entier, avec sa décision officielle ferme de ne pas se porter candidat et ses petites touches de coulisses dont on saisit rarement la portée, et les «négociations» interminables, avec leurs surprises renouvelées que mènent entre eux les mille morceaux du Nida Tounès historique, l’opinion publique reste accrochée à ce qu’il pourrait en ressortir comme coup de théâtre de dernière minute pouvant relancer les élections à venir et doter le pays d’un leadership cohérent qui soit à la fois rassembleur et crédible.

Car il est bien clair aujourd’hui qu’aucun profil ne s’impose ni pour les législatives ni pour la présidentielle.

L’enjeu présidentiel est plus que jamais au centre des débats, nonobstant le peu de cas que font certains acteurs de la vie politique des prérogatives constitutionnelles que détient le chef de l’Etat.

Dans une scène régionale où les prémices d’une conflagration se font jour, le rôle et l’expérience d’un président de la texture de Béji Caïd Essebsi ne manquent pas de susciter l’attachement.

Malgré le facteur âge et l’attachement qu’il a montré à l’égard de HCE, jusqu’à l’auto-destruction, le chef de l’Etat a montré, sans les exhiber, ses irrésistibles capacités de stratège et même de manœuvrier sur l’arène internationale où l’on a noté avec stupéfaction la prépondérance de son alliance avec l’Algérie contre toute tentative de résolution militaire en Libye. Ce alors que toutes les puissances européennes et au-delà tirent vers tant de scénarios catastrophes.

Dans les rangs des anciens Nidaïstes, le sentiment d’échec n’a pas mis fin à l’ambition d’une reconquête électorale et l’on apprend que Machroû Tounès discute autant avec le Nida de Toubel qu’avec Tahya Tounès, et que les deux Nida n’ont pas rompu à la base, malgré la déclaration de guerre opposant leurs leaders.

De son côté Youssef Chahed semble favoriser des retrouvailles nidaïstes sur des compromis vitaux. Il n’a pas rejoint «son» parti et laisse choir toute controverse à propos d’une éventuelle candidature présidentielle. Alors qu’il apparaît que dans le désarroi de leur division persistante l’ensemble des anciennes troupes de BCE réfléchissent enfin à jeter les armes et à reconstruire.

Et d’autres partis ainsi que d’autres initiatives tels que Kadiroun s’appliquent à rapprocher les points de vue, malgré les divergences pour que le phénoménal leadership montré par Béji Caïd Essebsi ait une suite dans les esprits des modernistes et ouvre la voie à la construction d’une nouvelle épopée.

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