On aura beau parler des nombreux problèmes que les automobilistes tunisiens rencontrent, on n’en finira jamais. Cela va des réparations mécaniques, aux prix exorbitants des pièces détachées et du carburant en passant par les piètres services de la visite technique.

Posséder une voiture c’est subir un calvaire quotidien, diraient de nombreux conducteurs. Ceux qui sont obligés de fréquenter les villes pour diverses raisons (travail, courses, affaires…) sont victimes des exactions de la fameuse grue ou des sabots. C’est à tour de bras que les véhicules stationnés sont enlevés sans ménagement par ces engins de levage ou immobilisés par les sabots. Le propriétaire du véhicule concerné est alors obligé de casquer pour «libérer l’otage».

Mais le vrai problème n’est pas dans ces pratiques inadmissibles. Il se situe ailleurs. Pour sanctionner un mauvais stationnement encore faut-il réserver un espace adéquat. On ne peut pas demander à un citoyen de ne pas utiliser sa voiture en ville sous peine d’être puni pour n’importe quelle infraction. Certes, il est exclu de faire fi des règles de la circulation. Toutefois, il serait très important de fournir un minimum de commodités aux visiteurs de la ville pour leur éviter tous ces désagréments.

Tout montre que presque rien n’est fait pour améliorer la fluidité du trafic dans les principales villes. Les conseils municipaux, nouvellement élus, sont occupés à se quereller et à se mettre des bâtons dans les roues au lieu de chercher à résoudre les problèmes de la cité.

Dans les grandes villes, les parkings sont insuffisants ou de faible capacité. Les parkings privés ou anarchiques se multiplient. Il suffit de l’espace d’un immeuble démoli pour l’exploiter comme parking. Ces installations ne présentent aucune garantie et pratiquent des tarifs dont on ne sait pas s’ils sont réglementaires ou non. Quant aux parkings à étages promis depuis belle lurette, ils se comptent sur les doigts de la main (du moins dans la capitale). De plus les tarifs en vigueur dans ces parkings sont trop élevés. Ils ont même doublé depuis 2011.

C’est ce qui rebute les automobilistes et les pousse, souvent, à prendre des risques en plaçant leur véhicules dans des endroits plus ou moins interdits.

Et c’est à partir de là que les problèmes commencent. Si, par hasard, votre voiture est enlevée par la grue il y a de fortes chances que l’on ne réchappe pas à de très mauvaises surprises liées à d’éventuels dégâts causés à la voiture. Ces dégâts ne sont pas négligeables. Trop souvent ils coûtent des centaines de dinars pour les réparations. Un simple rétroviseur dégradé peut valoir jusqu’à 700 dinars pour certaines voitures. Ne parlons pas des autres dommages que l’on peut causer au niveau des roues, des freins, etc.

Dans tous ces cas, les agents qui sont chargés de ce travail ne reconnaissent rien et soutiendront qu’ils n’y sont pour rien. Plus grave, il est impossible pour le propriétaire du véhicule de prouver que le préjudice vient des services de levage.

Pourtant tout le monde voit comment ces agents se comportent au moment de procéder à l’enlèvement des automobiles. Ils le font, souvent, dans la précipitation pour qu’ils ne soient pas surpris par le propriétaire de la voiture. C’est cette précipitation qui peut être à l’origine des dommages qui sont constatés.

En outre ces sociétés auxquelles on a confié cette tâche essayent d’enlever le maximum de véhicules pour gagner plus d’argent.

C’est pourquoi  on est en droit de s’interroger sur les vraies mesures à prendre pour atténuer cette pression qui pèse sur les automobilistes quand ils se trouvent en ville. On oublie qu’il y a, également, une part de responsabilité des autorités. Celles-ci n’ont pas aménagé les emplacements nécessaires et suffisants pour répondre à la demande. D’autre part, le transport ne s’est pas adapté comme il se doit à ces exigences. En effet, on parle du transport multimodal, mais rien n’a été fait pour l’encourager. Pour le métro qui a la possibilité de pénétrer dans la capitale, tous les atouts dont il disposait ont été éliminés. Utiliser le métro pour entrer en ville en laissant sa voiture dans les parkings réservés par la Transtu ne tente plus les gens. Car deux stations importantes de la capitale ont été supprimées. Il s’agit de la station de l’avenue Habib Thameur et celle de l’avenue de Paris. Ces deux stations sont stratégiques parce qu’elles permettent aux usagers de se trouver tout près de leur lieu de travail tout en sachant que leurs voitures sont en sécurité dans les parkings aménagés par la société de transport.

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