« Nous devons mobiliser les ressources, quitte à instaurer un impôt exceptionnel pour les grandes entreprises »

Lors d’une interview accordée à quelques médias tunisiens, le Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh a annoncé des mesures sociales supplémentaires pour venir en aide aux classes moyennes et aux plus démunis en cette période de crise sanitaire inédite de Covid-19. Ces mesures concernent les « petites retraites » qui devraient bénéficier d’une prime de 100 dinars, elles concernent également l’élargissement de la mesure de report de remboursement des prêts de trois mois aux salariés ayant un revenu supérieur à 1.000 dinars. Le dispositif est aussi élargi aux bénéficiaires de microcrédits qui devraient bénéficier d’une période de répit de 6 mois (pour les crédits d’une année) ou de 3 mois (pour les crédits de 6 mois) et devrait concerner près de 450.000 personnes. Le Chef du gouvernement a en outre annoncé que 100 MD seront ajoutés à la tirelire de 300 MD destinée à venir en aide aux populations économiquement touchées par les mesures de confinement.

« La santé n’a pas de prix, a tenu à dire Elyes Fakhfakh. Pour cela, nous devons mobiliser les ressources, la Tunisie peut compter sur ses partenaires étrangers notamment qui devraient mettre sur la table 2000 MD au total ».
Il a par ailleurs réitéré son appel aux grandes fortunes et aux grandes entreprises pour qu’elles contribuent davantage à cet effort de lutte contre la pandémie. « Je n’ai pas menacé les entreprises et je n’ai pas parlé de réquisition, toutefois je le redis, nous devons coûte que coûte trouver les fonds nécessaires et nous ferons tout pour les réunir, y compris en décidant d’impôts exceptionnels », a précisé le Chef du gouvernement.

Il a évoqué dans cette interview plusieurs scénarios relatifs à ce qui reste de l’année scolaire, notamment le maintien du calendrier des examens si la crise est dépassée d’ici fin avril, ou le maintien uniquement des examens nationaux si la crise perdure.
Evoquant l’activation de l’article 70, Elyes Fakhfakh a critiqué la formule actuelle du consensus, estimant qu’elle est un dépassement des dispositions de l’article, puisqu’elle retient des domaines bien précis dans lesquels le gouvernement peut légiférer. « Or, explique-t-il, l’article 70 est on ne peut plus clair, il suffit simplement de justifier son usage ». « Dans tous les cas, je suis responsable devant le Parlement », a-t-il ajouté.

Le Parlement votera aujourd’hui même le projet de loi qui permettra à l’exécutif de légiférer pendant un mois selon la version amendée par la commission.
Fakhfakh a indiqué que le gouvernement, même s’il peut se tromper et réviser parfois ses décisions, a pris les mesures nécessaires dans une logique préventive. « Nous sommes sur la bonne voie », a-t-il déclaré.

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