UN protocole voit donc le jour en Tunisie autorisant, sous contrôle médical et après

consentement des malades, le recours à la chloroquine dans le traitement du coronavirus. La décision intervient dans le même temps que celle des instances médicales et gouvernementales françaises, dont on sait les fréquentes et insistantes réserves à l’égard de la médication préconisée et mise en œuvre à Marseille par le professeur Didier Raoult. Les réticences à propos de l’usage de la chloroquine contre le Covid-19 demeurent, du reste, assez inexpliquées. Scientifiquement, du moins, car les deux études présentées dernièrement par le Pr Raoult attestent d’une réussite frisant les 100%. Dans les médias et les réseaux sociaux de l’Hexagone, on favorise les thèses de rivalités professionnelles, de guerre de lobbies et de conflits d’intérêts à présent. La controverse (on ne sait) autour du professeur Raoul où de « la molécule miracle » du professeur Raoul se poursuit, nonobstant l’assentiment récent des médecins et du gouvernement français.

Le scénario tunisien est presque similaire. Refus, puis hésitation, puis controverse (savante), puis acceptation sous conditions. La différence (probablement la seule) risque de peser lourd, néanmoins.

Ici, comme en France, un protocole chloroquine est signé. Ici comme en

France, les malades en ont le droit et le choix. Mais ici, contrairement à ce qui est règle dans l’Hexagone, on ne dit mot du mode d’emploi. On autorise l’usage de la chloroquine, on en fixe les conditions, et puis rien, on ne sait plus ni qui, ni quand, ni comment. Dans le traitement contre le Covid-19, c’est ce qui est capital, vital, pourtant. Le virus devient mortel quand il s’attaque aux moins immunisés et aux plus âgés, et quand, en conséquence, il peut se multiplier par millions. On ne l’arrête donc qu’en l’attaquant d’emblée, dès les premiers symptômes. C’est ce qu’indiquent les études du professeur Raoul. C’est ce
que mentionne (bien que sans enthousiasme) le conseil de crise en France. C’est, visiblement, ce que nos spécialistes, nos responsables et nos communicants négligent de préciser.

Le problème, on le devine, est qu’à ce jour, le numéro Samu et autres numéros d’urgence fonctionnent exactement
« en sens inverse ». Ne répondant qu’aux appels de « fin de symptômes ». Quand le mal est quasi irrémédiable. Quand le Covid-19 a déjà « fini le boulot ».

Le problème, surtout, est que les
lus fragiles, les plus exposés, les moins immunisés et les plus âgés perdent finalement pied, et n’appellent plus. Résultat: le pire. Parmi la dizaine de victimes, quelques-uns ont dû mourir isolés.

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