En termes d’audimat, nos deux chaînes publiques n’ont pu, jusqu’ici, surclasser leurs homologues privées. Ceci bien que leurs trésoreries soient de tout temps renflouées par la participation du contribuable à travers la facture Steg, toujours fidèle à sa courbe de plus en plus ascendante.

Une hirondelle ne fait pas le printemps
Le contribuable  est donc en droit d’être particulièrement exigeant envers ceux qu’il  paye  si grassement. Il serait alors interdit à ceux-ci de lésiner sur les moyens, leur permettant de nous présenter les meilleures émissions quant à la profondeur et la richesse du contenu, ainsi qu’à la haute qualité professionnelle des animateurs. L’exemple du recrutement de Mekki Helal est certes à saluer. Mais cela demeure insuffisant. Sachant qu’une hirondelle ne fait pas le printemps.

La priorité mal perçue
Cela  dit, l’on commence par faire un zoom sur le journal télévisé de 20h, jadis, longtemps fidèle à l’exaspérante tradition de consacrer impérieusement, lors de «Vive Bourguiba!» et «Vive Ben Ali!», le premier titre du JT de 20 h aux activités présidentielles, quoi qu’il arrive,  qu’il pleuve et  qu’il vente ailleurs, aux quatre points cardinaux de la planète !

Après la révolution, le JT de 20 h a, lui aussi, fait sa propre «révolution», en rompant avec sa vieille tradition. Du coup, les activités de nos deux premiers officiels ont été réléguées au second plan, même si elles méritent parfois le premier rang. Qui, souvent, est maladroitement réservé  à des informations ne méritant pas un tel rang…

Au cas où, en outre, il n’y aurait aucun grand événement dans l’actualité nationale qui se prêterait à «l’ouverture», il serait de bonne guerre et dans la logique des choses d’«ouvrir» le JT 20 h par le ou les événements  les plus importants de l’actualité internationale, tels les odieuses opérations-suicides de Sri Lanka, la tentative de Haftar, le renversement de Omar El Béchir au Soudan, la démission forcée de Abdelaziz Bouteflika en Algérie, etc.

On n’est pas chaud pour le Bulletin météo !

Cependant, il serait peut-être gauche de parler du JT 20 h sans soulever l’éternel problème de notre bulletin météorologique. Oui, depuis le départ de Jamel Bouraoui (cette figure fascinante de l’âge d’or des infos-météo), pour une retraite dorée, ledit bulletin, d’un intérêt certain pour le marin et le non-marin, n’a pas trouvé la planche du salut. Que de «têtes-météo» ont défilé devant nous sans pour la plupart, nous retenir à faire la moue !

A côté de la plaque !
Les gentils bonhommes, toujours bien mis et tirés à quatre épingles ne semblent pas donner satisfaction. Renseignement pris, l’un d’eux est un ingénieur ès qualités. Tandis que l’autre, n’a rien à voir avec la pluie et la pluviométrie.

C’est là une preuve que la réussite de l’animateur météo n’est pas liée à la qualification technique de l’intéressé. Elle est plutôt tributaire de bien d’autres qualités innées dans le personnage, tel que principalement le don. Il faut être un être de communication dans l’âme et aimer l’animation de tout son  être.

Le charisme et la bonne présence sur le plateau, la présence d’esprit, le sens de l’humour, l’humeur joviale, la spontanéité, etc. autant de qualités naturelles qui ne s’apprennent pas à l’école, au lycée ou à la faculté.

Et c’est généralement à partir de l’école maternelle et aussi du lycée que le futur élément de communication et de théâtre nous dit «Coucou! me voilà!». Cela à travers sa participation remarquable dans les fêtes de fin d’année (imitation de «anissati» de la garderie, du surveillant d’internat, du prof, etc.).

Tel des robots !
Cela dit, il y a lieu de faire un zoom sur ceux qui nous disent bonsoir chaque soir pour nous dire, sans âme ni sourire, s’il pleuvrait et venterait le lendemain et le surlendemain…

Les deux messieurs qui se relayent devant nous sur le petit écran, devenu de nos jours géant, semblent «plantés» et «solidement vissés» sur le plateau «du ciel tantôt nuageux et tantôt radieux». Tels des robots, ils font des rotations sur eux-mêmes, levant et baissant les bras d’une manière robotique rythmée et calculée. Bref, rien de naturel. Ils ont l’air d’avoir un trac engourdissant et une peur bleue d’une caméra, à laquelle, ils n’ont jamais su et pu s’accommoder!

Aux antipodes !
L’occasion est propice pour citer le cas exceptionnel de Rania Toumi, l’ex-présentatrice de la météo, nous ayant tant émerveillés sur le plateau de Nessma TV, avant d’être virée et «raflée» par la chaîne Ettasiaa, pour animer l’émission «Tout neuf!», certainement sous un contrat juteux.
Cette dame ou demoiselle (que sais-je moi?), dont la manière et le style étaient aux antipodes de ceux du duo de la crispation. Cet être vif-argent, on dirait née pour mettre la joie et la gaieté sur le plateau, sans jamais sortir du corps du sujet. L’esprit alerte, joviale, pétillante de vivacité, époustouflante de brio, elle aurait amplement mérité sa place dans notre 1ère chaîne publique. Qui, hélas, rechigne à payer grassement la haute qualité et à y mettre le paquet, se contentant de la médiocrité que nous payons, malgré nous, de nos propres deniers, en sus de notre consommation d’électricité !

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