L’UNION européenne dans son ensemble autant que la France, notre meilleur client et meilleur fournisseur, nous pressent d’accélérer l’étude et la négociation du projet d’Accord de libre-échange total qu’elles souhaitent établir au plus vite chez nous, particulièrement dans les domaines de l’agriculture et des services.

Le fait est louable et peut promettre aux futurs contractants un apport mutuel de prospérité et de vivacité sur les marchés mondiaux.

Mais il apparaît clairement à ce stade des discussions feutrées destinées à ouvrir la voie à de vraies négociations que ces deux secteurs souffrent, en Tunisie, d’une faiblesse structurelle patente qui interdit, à ce stade, une aventureuse libéralisation.

Lors d’un débat organisé par la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie, le ministre du Commerce a eu, dans un échange avec l’ambassadeur  de France, la répartie facile, indiquant «qu’il est nécessaire de restructurer complètement l’agriculture tunisienne avant de libéraliser le secteur dans le cadre de l’Aleca».

Selon Amor El Béhi, cette négociation devra prendre «le temps qu’il faudra», celui qu’exigera la mise à niveau de l’agriculture pour garantir sa compétitivité, comme ce fut le cas pour l’industrie dont la restructuration avait mis 13 ans suite à l’accord stratégique Tunisie-UE de 1995.

L’ambassadeur français a fait remarquer, pour sa part,  que les négociateurs tunisiens manifestent comme une sorte d’incompréhension vis-à-vis de leurs homologues européens.

Or, rien n’indique un tel désenchantement chez le gouvernement tunisien. Tout juste tient-il à voir l’Europe s’engager cœur et âme dans un nouvel accord stratégique mutuellement bénéfique en y mettant plus de moyens que de pression et d’ardeur à convaincre.

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