C’est un sujet sensible. Voire tabou. On parle des anciens joueurs de toutes les disciplines, mais essentiellement les sports collectifs, et bien entendu le foot en premier lieu. Ils sont omniprésents sur des plateaux, dans le virtuel ( réseaux sociaux), mais surtout dans l’entourage et la vie de leurs ex-clubs. Un bon nombre d’eux sont des amis, un bon nombre d’eux sont connaisseurs techniquement, un grand nombre d’eux a donné beaucoup au sport tunisien.

Mais (il le faut), être ancien joueur suffit-il pour détenir une sacrée et inébranlable légitimité qui permet tout ? On pose ce thème autrement. Pourquoi les clubs sont-ils obligés, dans une sorte d’obligation morale et de reconnaissance, de satisfaire leurs anciens joueurs et de leur permettre de gérer et d’interférer à tout moment dans la gestion du club ? Même si beaucoup d’anciens joueurs, qui ont servi leurs clubs sans pour autant se faire des fortunes, ont respecté leur statut en restant à l’écart de tout, d’autres (et ils sont nombreux) étouffent leurs clubs. Ils restent pendant des années à vouloir profiter du club par tous les moyens. Au nom d’une grande carrière, de titres offerts, le club « doit » leur trouver des postes d’entraîneurs  ( sans qu’ils aient le profil et la formation), de délégués, de dirigeants… Le club doit aussi « payer » sous forme d’achats et de consommation intermédiaires de matériel ou de services, aux sociétés que ces anciens joueurs créent.

Tout cela est une obligation au-delà de la transparence et de la qualité du service offert. Et tout cela parce que c’est un ancien joueur qui a « enchanté » le public par le passé. Si certains anciens joueurs ont malheureusement connu la misère et ont terminé leur vie seuls et démunis, d’autres se sont faits des fortunes sur le dos de leurs clubs. Ils ont intégré le club en tant que  dirigeants pour nouer des relations, pour placer des membres de leurs familles en tant qu’entraîneurs ou membres du personnel du club. Un réseau développé et protégé pour des années.

Ce n’est pas tout. Beaucoup de ces anciens joueurs et au nom d’un statut d’ex-grand joueur, veulent que tout passe par eux. N’importe quel président de club ou n’importe quel nouveau bureau directeur autonome qui entendent assumer leurs décisions et gérer à travers leurs plans et leurs gens, sont vite fustigés par ces ex-joueurs. Ils se mettent en clan uni (même s’ils ne sont pas amis, mais les intérêts priment avant tout) pour créer des polémiques, pour parler à tort et à travers sur les réseaux sociaux. Attaques personnelles, rumeurs, chantage même pour que le président du club cède.

Malheureusement, un grand nombre d’ex-grands joueurs et athlètes qui nous ont tellement ravis par le passé, qui ont tellement procuré du plaisir au public, ne veulent pas comprendre qu’être ex-grand sportif ne justifie pas ce statut privilégié au présent. Quand on est ancien joueur, cela ne veut pas dire qu’on est forcément grand entraîneur ou grand dirigeant. Cela ne veut pas dire que le club doit se plier à tout ce que ces anciens joueurs disent et veulent. Grand respect à tous ces ex-grandes gloires de notre sport qui ont choisi d’honorer leurs carrières en quittant, par la grande porte, la vie de leurs clubs. Ils sont là pour conseiller ou pour donner un avis ( discrètement), sans demander quoi que ce soit en retour.

Chapeau bas à ces champions humbles et orgueilleux qui n’ont pas souillé leur passé. Qui ont surtout protégé leurs clubs. C’est ça la vraie dignité et le statut d’ex-star que tout le monde aime et respecte. Pour les autres, pitié de vos clubs. Aidez-les en silence, et ne profitez pas de votre statut pour nuire à votre passé et surtout à l‘avenir de vos clubs qui ont besoin de sérénité et paix. Le club est plus sacré que tout le monde, même les gloires qui l’ont mis sur un piédestal.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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