Dans les étapes de crises, voire de pandémies, à l’instar de celle du coronavirus que les Tunisiens vivent actuellement, il est un temps pour la compréhension du phénomène, un temps pour l’élaboration d’une stratégie de confrontation, un temps pour sa vulgarisation auprès des citoyens en vue de son exécution, un temps pour les erreurs qui pourraient survenir lors de la mise en application de cette même stratégie, un temps pour la critique des fautes et la rectification des dépassements et des erreurs, qu’ils soient de bonne foi ou même intentionnels, un temps pour que le gouvernement adopte les réajustements qui s’imposent et, enfin, un temps – le plus important et le plus significatif -, pour se réinvestir dans la mobilisation générale en vue de poursuivre l’effort national de lutte anti-coronavirus, dans un esprit de consensus ayant pour objectif de parvenir à concrétiser, dans les plus brefs délais possibles, la stratégie adoptée en prévision de l’éradication du coronavirus.

Que faut-il faire, maintenant que le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a mis les points sur les i en affirmant le plus clairement du monde que rien ne se fera à l’avenir en dehors des lois en vigueur, même s’il a le droit constitutionnel de procéder à des mesures exceptionnelles grâce aux pouvoirs que lui ont délégués les députés en concrétisation de l’article 70 de la Constitution, que le ministre de l’Industrie, Salah Ben Youssef, a reconnu l’erreur qu’il a commise et s’en est excusé devant les députés et que le ministre de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte anticorruption, Mohamed Abbou, a pris la décision de trancher le dossier à la suite du rapport qui lui sera remis aujourd’hui, jeudi 23 avril, par une équipe d’enquêteurs de son ministère ? On se pose la question tout en ayant la conviction, comme plusieurs observateurs, analystes et aussi citoyens ordinaires au fait de ce qui se passe dans le pays et suivant à la loupe les convulsions et les développements marquant quotidiennement le paysage politique national, que l’heure n’est pas à la recherche de coupables qui seront sanctionnés pour apaiser la colère populaire mais plutôt à la reprise de cet admirable effort de solidarité nationale et de mobilisation citoyenne qui ont enregistré, jusqu’ici, des résultats encourageants dont l’efficience a été saluée par les instances internationales spécialisées. 

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