Les mauvaises conditions des femmes rurales ont des impacts négatifs sur leur sécurité et leur rendement. D’où la nécessité de changer la donne.
D’après les statistiques du Ftdes (Forum tunisien des droits économiques et sociaux), à Kairouan, quatre travailleuses agricoles sont décédées et 119 autres ont été blessées en 2018 dans des accidents meurtriers à cause de la précarité des conditions de transport dans des véhicules vétustes, de l’imprudence de chauffeurs toujours pressés et du danger des pistes en mauvais état. Par ailleurs, tout récemment (le 11 avril 2019), on a enregistré à Zaghouan le décès de deux ouvrières agricoles dans un tragique accident dû au renversement d’une camionnette légère.

Dans le gouvernorat de Kairouan, par exemple, on enregistre depuis plusieurs années beaucoup d’accidents tragiques dans les différentes délégations.

Etant exploitée aussi bien par son employeur que par le milieu familial, la femme rurale est confrontée au problème du transport non sécurisé dans des véhicules de fortune, ce qui lui porte un préjudice moral, mais aussi physique. Cela face à l’indifférence des employeurs qui se contentent, en cas d’accident, de payer les premiers soins puis vont à la recherche d’autres saisonnières.

Parmi les accidents qui ont choqué les citoyens, on pourrait évoquer celui qui a eu lieu dans la zone rurale de Aouled Chamekh (délégation de Bouhajla) et qui a causé de graves blessures à 8 ouvrières. Deux jours plus tard, une collision frontale a eu lieu entre deux camionnettes au niveau de la route située entre Menzel Mhiri et Hmidet (délégation de Nasrallah), ce qui a provoqué le renversement d’un véhicule transportant une quarantaine de femmes dont 35 ont été blessées grièvement.

Et le 26 août dernier, vers 6h00, 9 ouvrières agricoles ont été blessées suite à leur chute d’une camionnette dont la portière a cédé, et ce, sur la route nationale II au niveau de la localité de Rakkada.

Les victimes âgées entre 15 et 56 ans, qui étaient en route pour travailler dans une ferme agricole, ont été transférées vers l’hôpital de Kairouan où les examens médicaux ont permis de localiser des fractures et différents traumatismes et lésions.

Notons dans ce contexte que beaucoup d’associations et d’ONG ont appelé à hâter l’institution de lois relatives à l’amélioration des conditions de travail des agriculteurs et de protéger les ouvrières exerçant des activités agricoles des risques de transport non sécurisé.

L’association «Aswat Nisaa», à titre d’exemple, a appelé le 9 avril dernier le Parlement à adopter dans les plus brefs délais le projet de loi n°2/2019 relatif à l’amendement des articles 21 et 23 de la loi n°33 de 2004 organisant le transport terrestre et portant création d’une nouvelle catégorie de transport spécifique aux travailleurs dans le secteur agricole. En outre, cette association a appelé le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Seniors à publier le protocole signé le 14 octobre 2014 avec l’Utica, l’Utap et l’Ugtt et visant à fixer un calendrier pour l’organisation du transport des travailleuses agricoles et l’élaboration d’un cahier des charges pour le transport des ouvrières dans le secteur agricole.

Par ailleurs, le 9 mai 2019, il y aura le lancement effectif du programme «Ahmini» par le chef du gouvernement avec pour objectif d’assurer une couverture sociale au profit de 500.000 femmes travaillant dans le secteur agricole.

Cela leur permettra de bénéficier d’un carnet de soins et d’une pension de retraite.

Espérons la concrétisation rapide de tous ces programmes afin que la femme en milieu rural bénéficie d’un meilleur avenir.

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