La diplomatie économique et entrepreneuriale de la Tunisie en direction de l’Afrique ne peut réussir et ne peut se concevoir sans un réexamen des conditions de la mobilité et de la circulation des ressortissants.
Une  marche pacifique aura lieu, aujourd’hui, 4 mai de la Place des Droits de l’Homme, vers l’avenue Jean Jaurès et l’avenue de Paris pour arriver au Théâtre municipal situé à l’avenue Habib Bourguiba. Cette marche fait suite à la 1ère marche pacifique organisée le 13 mai 2018 en faveur des droits des immigrants en Tunisie. Les demandes principales adressées aux autorités tunisiennes sollicitaient l’engagement d’un processus de régularisation de la situation des immigrants  conformément  aux droits socioéconomiques et basée sur la durée de séjour des immigrants en Tunisie. Il s’agit aussi d’assurer la levée des pénalités de séjour irrégulier de tous les immigrants en Tunisie et l’amélioration des conditions de séjour des immigrants et des membres de leurs familles dans le pays.

La Tunisie est engagée depuis quelques années dans un processus de rapprochement avec les pays et les organisations régionales au Sud du Sahara et de renforcement de son positionnement sur les marchés africains pour booster les échanges économiques et savants entre les deux parties.

Réexamen des conditions de la mobilité
Or, cette diplomatie économique et entrepreneuriale de la Tunisie en direction de l’Afrique ne peut réussir et ne peut se concevoir sans un réexamen des conditions de la mobilité et de la circulation des ressortissants des deux parties entre elles (hommes d’affaires et opérateurs économiques, commerciaux, experts, étudiants, travailleurs réguliers, etc.).

Dans ce sens, le collectif des structures coorganisatrices de la marche appelle les autorités tunisiennes à prendre l’initiative d’entamer des négociations avec les pays du Sud du Sahara pour organiser et promouvoir cette mobilité des Africains du Sud du Sahara en direction de la Tunisie et des Tunisiens vers ces pays. L’objectif étant de promulguer de nouvelles règles de la circulation et du séjour de ces catégories de personnes entre les deux partenaires, tout en veillant au respect des intérêts et de la sécurité nationale des pays concernés, sans perdre de vue le respect des standards internationaux des droits humains, économiques et sociaux des personnes en mobilité.

Le travail dans le secteur informel, la violation des droits sociaux et économiques des immigrants, les pénalités de séjours irréguliers incalculables, les expulsions, les fermetures des centres, les souffrances psychologiques et les conséquences dramatiques qui s’ensuivent, le traitement des personnes ne sont toutes que des résultats de l’absence d’un cadre législatif adapté à la situation migratoire en Tunisie et d’une politique migratoire durable et conforme aux conventions internationales.

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