Tout est mobilisé pour un été sans moustiques, cet invité indésirable qui pénètre jusque dans nos foyers. Et pour cause ! « Tous les préparatifs empiriques et opérationnels sont déjà là pour y faire face », rassure la cellule de lutte qui n’a ménagé, semble-t-il, aucun effort pour agir sur plusieurs fronts.

Lors d’un point de presse au siège du ministère des Affaires locales, la cellule permanente de lutte contre les insectes a dévoilé, hier, les grandes lignes de sa stratégie nationale, avec un plan d’action directeur impliquant les différentes structures ministérielles, à savoir la Santé, l’Equipement, l’Agriculture, l’Onas, les communes, l’Institut Pasteur, l’Observatoire nationale des maladies nouvelles et émergentes, ainsi que la société civile œuvrant dans le domaine environnemental. Soit, tout est mobilisé pour un été sans moustiques, cet invité indésirable qui pénètre jusque dans nos foyers. Et pour cause ! « Tous les préparatifs empiriques et opérationnels sont déjà là pour y faire face », nous rassure la cellule de lutte qui n’a ménagé, semble-t-il, aucun effort pour agir sur plusieurs fronts.

Pour elle, de telle stratégie anti-insectes fait nécessairement partie des interventions communales de proximité dont chaque municipalité doit s’y préparer, en consacrant pas moins de 3 millions de dinars de son propre budget annuel pour acquisition d’équipements et d’insecticides. « Malgré ces temps de pandémie, nos sommes en train de consentir des efforts considérables pour mener, à cet effet, un plan de lutte national », s’exprime Mme Samira Laâbidi, directrice générale de l’hygiène et de protection du milieu. Membre actif de ladite cellule permanente, elle œuvre aux côtés de ses quatre collègues qui travaillent d’arrache-pied pour avoir gain de cause. Finalisée depuis janvier dernier, avec des fonds estimés à 2 millions de dinars en termes d’acquisition des pesticides et location d’avion, la stratégie nationale de lutte contre les insectes semble, ces jours-ci, battre son plein. Elle vise, entre autres, les régions du Grand-Tunis, Nabeul, Kairouan et Monastir. A titre préventif, l’intervention se fait, alors, à deux volets ; l’un sur terrain, en utilisant des traitements organiques (curage d’oueds, aspiration d’eau, assainissement des sebkhats, nettoyage des caves des immeubles..), l’autre par avion dont l’épandage cible plutôt les foyers identifiés de prolifération des insectes. A noter, selon Mme Laâbidi, que la désinsectisation via traitement chimique s’effectue en dernier recours.

Tout est là !

En ce mois d’avril et dans les semaines qui viennent, la lutte anti-insectes devrait, ainsi, intensifiée, à une large échelle. D’ailleurs, pour identifier les foyers de multiplication des insectes, un système d’information géographique a été mis en application, le but étant d’élaborer une carte phytoécologique pour l’ensemble du pays. D’autant plus qu’un hydroglisseur est désormais disponible. M. Samir Ouerghemmi, membre de la cellule, représentant le ministère de la Santé, a ajouté qu’une liste des insecticides agréée est établie. De même, 22 unités d’entomologie ont été ouvertes dans des régions, ce qui aide à classifier les insectes vecteurs des épidémies tels les moustiques tigres  et ceux porteurs du virus du Nil occidental. Pour cela, des quantités suffisantes d’insecticides sont fournies chaque année, rappelle-t-il. De son côté, M. Chokri Khlifi, de l’Equipement, a indiqué que son département consacre cette année 11 millions de dinars pour la réalisation des programmes de lutte anti-insectes. Soit, la protection des villes contre les inondations, le curage des oueds, assainissement des cours d’eau, lutte contre les constructions anarchiques. Tous ces travaux se font sous formes des marchés conclus répartis dans les différentes régions. Sur ce plan, l’Onas a déjà déterminé les priorités des ses interventions, avec un budget estimé cette année à 2 MD, indique son représentant M. Adel Saidi. Mme Nada Toumi, chargée de traitement par avion a relevé que cette étape soit être précédée par des opérations d’observation sur terrain et la détermination de la superficie d’intervention. Cela se fait en mars, avril, septembre et octobre, afin de réduire le cycle biologique des insectes. Le représentant de la mairie de Tunis, M. Nabil Beji a parlé de la lutte menée contre les moustiques urbains et ruraux. Une campagne a touché plusieurs endroits, où se multiplient les insectes tels les vides sanitaires et les caves des immeubles. Un plan d’action auquel la municipalité a alloué 300 mille dinars.

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