Si un club perd de l’argent, il ne peut pas acheter des joueurs à d’autres équipes, qui ne dégageront donc pas les liquidités supplémentaires pour investir et élargir leurs effectifs. Tout est interrelié.

Ces derniers jours, malgré l’incertitude qui entoure le football, certains clubs scrutent le marché à défaut de se positionner sur certains dossiers. Se renforcer cet été semblerait cependant surréaliste pour des clubs en manque de trésorerie. C’est forcément inévitable, sachant que l’argent se fait rare. Ce qui risque en l’état d’impacter la bulle du foot-business tunisien. Et  généralement, à défaut d’avoir ce qu’on veut, on se contente de ce qu’on a. Actuellement, certaines cibles dans la ligne de mire de quelques écuries pourraient faire l’affaire et contenter certains. Bref, sans faire figure de seconds couteaux, loin de là même, plus d’une bonne pioche se retrouve dans le viseur de clubs huppés qui traînent pourtant quelques casseroles diverses (du club en déficit structurel à celui en quasi état de cessation de paiement).  Et puis, même en situation de compression des dépenses, qui ne remuerait pas ciel et terre pour enrôler le maillon manquant, voire une valeur sûre.

« A quelque chose malheur est bon »

Pour le gros des troupes maintenant, il faudra s’adapter et envisager de se rabattre sur des cibles peu coûteuses, mais prometteuses, dans la mesure du possible. En clair, cet été, à l’exception d’un seul club capable d’enrôler  Farouk Ben Mustapha, Yassine Meriah, Chamakhi, Naguez & co, les « achats » de pépites présumées attendront. Nos clubs y réfléchiront à deux fois avant de flamber ! Ce qui ne peut d’ailleurs que ramener certains à la raison et éviter cette fièvre acheteuse doublée d’une folie des grandeurs propres à nos clubs. Tout ça pour ça, comme on dit ! Dépenser des fortunes pour un championnat ordinaire, c’est hallucinant et surtout aberrant. Ce faisant, et en ce moment, comme dit le dicton: « A quelque chose malheur est bon », avec une crise sanitaire qui pourrait carrément précipiter l’éclatement de la bulle dans le foot-business, ou du moins à moyen terme. Ce qui nous ramène tout droit à l’indispensable mise en place d’une régulation pour encadrer l’inflation à l’œuvre lors de la dernière décennie. Il est clair que pour les acteurs majeurs du mercato, à moins d’une improbable transaction au rabais, il est fort à parier que les éventuels mouvements de type onéreux ne seront pas retenus en fin de compte.

La rigueur sera la norme

Depuis peu, avec l’incertitude sur les droits TV et les revenus du sponsoring, cela va devenir très compliqué de s’engager sur des achats très importants, notamment en Tunisie, via une Ligue 1 qui avait pourtant attiré le marché maghrébin et même africain ces dernières années. Sur ce, et ça coule de source, l’effet d’entraînement serait tel que cela pourrait provoquer un fort ralentissement du marché des joueurs « top niveau », entraînant à son tour un effet domino sur les autres segments de joueurs dits de niveau intermédiaire.

Les principales victimes de l’assèchement de ce ruissellement seraient donc les clubs intermédiaires (formateurs) qui valorisaient jusque-là leurs actifs (les talents de demain) sur le marché des transferts. Exemple, le passage de Saad Bguir de la Stayda à l’EST. Un transfert de style « tout le monde y trouve son compte ». Bref, sans remettre en cause le « système », la situation actuelle pourrait du moins freiner les ardeurs dépensières, les mutations onéreuses et, surtout, l’inflation des salaires. L’économie du football fonctionne à vases communicants. Si un club perd de l’argent, il ne peut pas acheter des joueurs à d’autres équipes, qui ne dégagent à leur tour pas les liquidités supplémentaires pour investir ailleurs et élargir leurs effectifs. Et comme la crise impacte l’ensemble des acteurs, personne ne pourra dépenser de manière excessive. Au final, la rigueur sera la norme !

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