Mike Pompeo « est en train de préparer un argumentaire juridique selon lequel les Etats-Unis restent un Etat partie à l’accord sur le nucléaire iranien dénoncé par le président [Donald] Trump », selon le New York Times.

Téhéran a exhorté, hier, Washington à cesser « de rêver », après la parution d’informations sur un plan américain destiné à empêcher l’expiration prochaine d’un embargo international sur les ventes d’armes à l’Iran.

Selon le New York Times, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo « est en train de préparer un argumentaire juridique selon lequel les Etats-Unis restent un Etat partie à l’accord sur le nucléaire iranien dénoncé par le président Donald Trump ».

Le journal décrit « une stratégie complexe destinée à faire pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies pour qu’il prolonge un embargo sur les [ventes d’]armes à Téhéran sous peine de voir [l’Iran subir] la réimposition de sanctions [internationales] particulièrement rigoureuses. »

« Il y a deux ans, [M. Pompeo] et son patron ont déclaré cesser la participation des Etats-Unis – à l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015-  en rêvant que leur pression maximale mettrait l’Iran à genoux », a réagi, hier, sur Twitter le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif.

« Au vu de l’échec infâme de cette politique, il veut maintenant être partie » à l’accord, écrit M. Zarif en ajoutant : « Cessez de rêver ».

  1. Trump a dénoncé unilatéralement l’accord de Vienne en mai 2018 avant de réimposer les sanctions économiques contre l’Iran que Washington avait accepté de suspendre en vertu de ce texte.

 Sanctions internationales 

L’accord offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie en échange de garanties destinées à prouver que l’Iran ne cherche pas et ne cherchera jamais à se doter de la bombe atomique.

Mais le retour des sanctions extraterritoriales américaines a fait perdre à Téhéran tous les bénéfices qu’il escomptait de l’accord en coupant de nouveau l’Iran du système financier international.

En riposte, l’Iran a entrepris de revenir progressivement sur la plupart de ses engagements clef pris à Vienne, conformément, selon lui, à des dispositions de l’accord.

Washington, qui accuse au contraire Téhéran de violer ce texte, veut empêcher la levée progressive de l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran, prévue à partir d’octobre par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui valide l’accord de Vienne.

Selon le New York Times, le gouvernement américain chercherait, pour parvenir à ses fins, à mettre dans la balance la possibilité, prévue par cette résolution, d’imposer au Conseil la réactivation de toutes les sanctions internationales contre l’Iran qui ont été levées en vertu de l’accord de Vienne.

Mais Washington semble être parvenu à la conclusion que, pour que cela advienne, il faudrait que les Etats-Unis puissent être reconnus comme encore parties à un accord qu’ils ont eux-mêmes dénoncé.

Téhéran accuse de son côté Washington d’avoir violé la 2231 en faisant table rase de l’accord.

 

 

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