L’EST et le CA auraient dû réfléchir mille fois avant de décider de se ruer vers les entrainements collectifs. Deux décisions hâtives de la part des dirigeants des deux clubs qui, semblent-ils, ont mal interprété les propos de Wadii Al Jarry sur les conditions de la reprise. Al Jarry devait mettre fin à cette décision risquée et solitaire, en empêchant les deux clubs de retrouver leurs parcs respectifs. Le bureau fédéral, en la personne de son président, s’est aussi trompé.

Le discours du président de la FTF, qui a présenté les scénarios de la reprise du championnat, a donné un faux signal à tout le monde. On a dit que c’est très difficile de reprendre le championnat début juin pour des raisons de coût, de logistique (analyses rapides et suivi de l’état de santé des joueurs pendant une longue période) et de temps. Al Jarry, très pressé de reprendre le championnat, a leurré les clubs sans le vouloir. Et ces derniers, habitués à décider seuls sans consulter personne, ont mal agi. L’interdiction de reprise des entrainements est un bon rappel à l’ordre venu à point nommé. Une décision, comme la reprise des entrainements collectifs, doit être réfléchie et planifiée avec l’Etat.

Ce n’est pas une décision sportive, c’est une décision à plusieurs effets et met en danger la santé des joueurs et de tous les acteurs du football. C’est au ministère de la Santé en premier lieu et de toutes les autorités compétentes d’autoriser, selon une démarche détaillée, les clubs à regagner les entrainements. Encore une fois, on le dit, la FTF, les clubs ne sont pas indépendants de l’Etat. Ils doivent, dans ce genre de cas, demander la permission avant de se trouver dans de tel embarras. Et si ce championnat tunisien ne se terminait pas ? Est-ce la fin du monde ? Faute de temps, de logistique, et pour parer à une nouvelle vague du coronavirus, le gel de la saison 2019-2020 est un scénario plausible.

Ça peut permettre surtout de ménager la prochaine saison et de donner le temps à tous les clubs de bien planifier la reprise. Et pour désigner les clubs participants aux compétitions africaines et à la coupe arabe, on peut se référer au classement avant l’arrêt du championnat. Pour la relégation, on peut accorder une exception et rajouter deux clubs de la L2 (un play-off à concevoir plus tard). En tout cas, c’est une force majeure. Annuler la saison peut être une solution si l’on veut éviter une seconde vague du coronavirus. Le football, aussi intéressant et primordial pour notre pays, ne compte pas plus que la santé des Tunisiens. La reprise, si elle aura lieu, a des coûts. Comparer les coûts aux avantages attendus est le raisonnement qui doit primer avant tout.

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