L’Etat emprunte 377 millions d’euros auprès de 12 banques pour faire face aux répercussions du coronavirus. Les pouvoirs publics ont pu mobiliser d’importants fonds dont des crédits des institutions étrangères pour pouvoir faire face à des dépenses énormes.


Les banques résidentes en Tunisie peuvent contribuer dans une large mesure à financer les besoins de l’Etat en liquidités, et ce, pour faire face à d’importantes dépenses nécessaires suite à la crise sanitaire due au coronavirus. Ainsi, l’Etat est appelé, à titre d’exemple, d’équiper les hôpitaux en matériel de santé, ainsi qu’en respirateurs et masques de protection. A noter aussi que le gouvernement a décidé une batterie de dispositions en faveur des entreprises sinistrées par la crise, et ce, dans le but de leur permettre de reprendre leurs activités en préservant les postes d’emploi. Et toutes ces dispositions exercent des pressions sur le budget de l’Etat qui a besoin de nouveaux fonds afin de satisfaire les différents besoins exprimés. Outre les financements provenant de l’étranger, l’Etat juge utile de se tourner vers les banques non résidentes pour avoir de nouveaux fonds.

Remboursement sur trois ans

Ainsi, le ministère des Finances et 12 banques résidentes ont signé, mardi 5 mai 2020, une convention pour le financement du budget de l’Etat 2020. Ces banques se sont engagées à prêter un total de 377 millions d’euros remboursables sur trois ans, dont 257 millions d’euros à un taux de 2% et 130 millions de dollars (soit la contre-valeur de 120 millions d’euros) à un taux de 2,75%. Il s’agit du deuxième recours aux banques nationales cette année. Le 1er février dernier, un prêt syndiqué de 455 millions d’euros a été octroyé à l’Etat par 17 banques. Les conditions de ce prêt peuvent être considérées comme avantageuses, dans la mesure où le taux d’intérêt est de 2 et de 2,75%. Sauf arrangements exceptionnels, ces taux ne peuvent pas être consentis par les bailleurs de fonds étrangers, notamment en cette période défavorable de l’économie tunisienne et la dégradation de sa notation. En tout cas, la Tunisie a un besoin urgent desdits financements qui vont permettre de consolider un budget mis à rude épreuve. Ce prêt, dont une partie provient des dépôts des non-résidents, permettra de financer les besoins du budget de l’Etat pour faire face aux répercussions du coronavirus qui a causé d’importants dégâts au niveau des entreprises et des vies. L’objectif est de donner l’occasion à ces entreprises de retrouver leur vitesse de croisière au double niveau de la production et de l’exportation pour améliorer leur chiffre d’affaires et contribuer à la croissance économique qui se trouve actuellement dans une situation précaire. Le ministère des Finances avait eu recours aux banques, pour la première fois, en juillet 2017 avec la signature d’une convention de financement de 250 millions d’euros. Cette démarche a profité aussi bien à l’Etat qui contracte des crédits à taux réduit et les banques qui ont affaire à un client grand compte et surtout éligible.

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