La dégradation de la note de la Tunisie  s’explique par l’aggravation des déséquilibres macroéconomiques. La détérioration des trajectoires de la dette extérieure et publique  est l’une des raisons de cette déroute. La crise du Covid-19 a encore aggravé cette situation avec plus d’un secteur sinistré comme ceux du tourisme et du transport aérien, terrestre et maritime.

Déjà fragilisée par la récession extérieure, l’économie tunisienne vient de subir une crise sanitaire grave due au coronavirus qui a eu des impacts négatifs sur les entreprises privées et le budget de l’Etat. Les dépenses sont de loin plus importantes que les revenus si l’on excepte, bien sûr, les dons et crédits émanant des bailleurs de fonds étrangers. Les fonds propres de la Tunisie régressent comme une peau de chagrin car la productivité est au niveau le plus bas, confinement total oblige. Même si le confinement est allégé sur décision gouvernementale, les entreprises doivent attendre une période pour que le rythme de la production et de l’exportation retrouve son niveau normal.

Ainsi, Fitch Ratings a précisé que cette dégradation de la note de la Tunisie s’explique par l’aggravation des déséquilibres macroéconomiques. La détérioration des trajectoires de la dette extérieure et publique est l’une des raisons de cette déroute. La crise du Covid-19 a encore aggravé cette situation avec plus d’un secteur sinistré comme ceux du tourisme et du transport aérien, terrestre et maritime.

Le déficit persiste

L’agence de notation affirme que l’économie nationale va connaître sa plus forte contraction jamais enregistrée au cours de cette année 2020. Et pour cause : la récession de la demande sur le marché international a eu son impact sur l’économie tunisienne dont le premier partenaire au niveau des exportations demeure l’Union européenne qui est frappée de plein fouet par le coronavirus. Le ministère du Tourisme mobilise tous les moyens pour essayer de rattraper le retard enregistré et faire de la prochaine haute saison un début de relance qui procure à la Tunisie un important panier de devises chaque année.

Les autres secteurs, comme ceux du transport, du textile-habillement et du cuir et chaussure qui sont source de devises ne sont pas mieux lotis. Une action promotionnelle d’envergure devrait être lancée en vue de repositionner ces secteurs sur le marché international et auprès des grands acheteurs mondiaux. Toutes les parties prenantes, y compris l’administration, les entreprises, les structures d’appui et, bien entendu, les travailleurs, doivent mettre la main à la pâte pour sauver nos entreprises de la faillite et de la disparition.

Chute des cours du pétrole à exploiter

Le déficit du compte courant de la Tunisie ne sera pas, quant à lui, réduit. L’arrêt temporaire de l’assainissement budgétaire en est la principale cause. D’ailleurs, Fitch Ratings a estimé que ce déficit continuera de dépasser les médianes actuelles de la catégorie B au cours des deux années à venir malgré la chute des prix du baril de pétrole à l’international. Plusieurs observateurs et experts économiques ont recommandé aux pouvoirs publics d’exploiter cette aubaine pour faire le plein en stockant des quantités suffisantes de ce produit.

Or, la Tunisie ne dispose pas d’assez de citernes lui permettant de stocker le pétrole à volonté même au cours de périodes de la baisse des prix. En effet, les cours du pétrole connaissent régulièrement une fluctuation avec des révisions à la hausse ou à la baisse en fonction des chocs qui ont lieu dans le monde. Les grands producteurs se mettent d’accord également sur les quantités à produire en vue de fixer un prix qui les arrange. La Tunisie, qui n’est pas dans le club des grands producteurs, est obligée de subir les fluctuations avec régulation des prix au niveau local grâce au mécanisme mis en place depuis quelque temps.

Ladite agence de notation s’attend, cependant, à une nouvelle augmentation significative de la dette extérieure et des ratios de la dette des administrations publiques. Déjà, plusieurs pays et bailleurs de fonds internationaux sont passés à l’action en mettant à la disposition de notre pays des crédits bonifiés en tant que soutien à la lutte contre le Covid-19. Sans oublier les crédits contractés auprès des banques tunisiennes pour renforcer le budget.

Fitch Ratings prévoit que la chute du commerce mondial, de l’industrie et du tourisme à cause de la crise sanitaire, va impacter gravement l’économie tunisienne qui doit bien se préparer à la période post-coronavirus en prospectant de nouveaux marchés et en diversifiant les produits et biens exportables pour générer des devises et limiter, un tant soit peu le recours à l’endettement.

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