La polémique occasionnée par la diffusion par Hannibal TV de la Caméra Cachée intitulée « El Malek » (Le Roi) a dû polariser l’attention de l’opinion publique tant intramuros qu’extramuros.

Plus royalistes que le roi !    

De simples sketchs conçus et réalisés pour divertir et arracher le rire et le sourire du téléspectateur, vivant un confinement angoissant, a provoqué le tollé dans certains milieux marocains, malgré l’absence de mauvaises intentions et l’évidence de l’innocence du produit. Il est vrai que « Mr Facebook » a fait comme toujours des siens, faisant feu de tout bois et mettant le feu aux poudres. Etant ainsi relayé par certains médias se voulant plus royalistes que le roi.

La caméra cachée n’aura rien caché !

Ce que tout le monde ne devrait pas perdre de vue, c’est que les relations tuniso-marocaines sont de tout temps fortes, soudées et exemptes de toute brouille et de tout incident de parcours, depuis le règne des deux combattants frères et  hors paire, le Président Bourguiba et sa Majesté le roi Mohamed V,  jusqu’à ces temps-ci. Et  ce n’est pas une anodine série de « Caméra Cachée » qui va nous le cacher et jeter le doute, l’inintelligence et charger de nuages, le ciel toujours clair et ensoleillé, partagé par nos deux terres que rien ne sépare. N’en déplaise aux pêcheurs en eaux troubles et empêcheurs de tourner en rond !

Ni Dieu ni diable!

Après l’ère révolue du despotisme, de l’oligarchie et du motus et bouche cousue, où les infatigables maitres censeurs sont obéis au doigt et à l’œil, la liberté de presse a formidablement explosé. Et, dès lors, nos médias ne ménagent ni Dieu, ni diable, à commencer par ceux qui se sont relayés à la tête du Palais, naguère si craints et si sacrés. Le quatrième pouvoir a , dès lors, le devoir et le pouvoir de flageller et ironiser tout le reste des pouvoirs. Nul n’est au dessus de la critique. Point de lignes rouges et de sujets tabous.   Exceptés, les cas de diffamation, d’atteinte à la vie privée des officiels et non officiels, d’allégations mensongères, étant du ressort exclusif de l’appareil judiciaire, bien entendu, au triple ressort.

Divertir et avertir …

Ceux qui en disconviendraient seraient aimablement invités à suivre, à titre d’exemple, la série satirique baptisée « Ennaccar », diffusée depuis voilà des années, par la chaine privée d’El Janoubia. La série en est déjà à son trois cent cinquantième épisode!           

A’ travers ces sketchs bigrement burlesques et loufoques, où l’on n’hésite nullement à tirer à boulets rouges sur tous ceux qui bougent et gèrent la chose publique, à commencer par le Président de la République, le Chef du gouvernement, en passant par le Président de l’ARP, tous nommément désignés, sans se gêner, ni l’air de gêner et importuner…

Fourberies et ironie !

Pour s’en convaincre, il n’y aurait pas mieux que l’excellente série, baptisée « Ennaccar yekchef El Khonnar ! » qui puisse illustrer cette large marge de liberté d’expression, le plus précieux cadeau de notre sainte révolution. A travers l’humour, l’ironie et la satire, la série, lance les critiques les plus acerbes, tournant à la dérision les opérateurs politiques,  syndicaux , sociaux, économiques, etc…

Un trio en or !

Avec une simplicité et une spontanéité inouïe, le trio en or traite les divers sujets d’actualité brûlante, tels que le chômage, le mépris (El Hogra), la corruption et les maitres de la corruption, les partis politiques et leurs discours contradictoires et mensongers, l’anarchie régnant dans l’hémisphère du Bardo, les échanges de coups de bec entre députés et les combats de coqs. Bref, l’on allé jusqu’à qualifier le « théâtre de la bizarrerie », de Cirque Ammar, réputé  par les fourberies de ses clowns.

Pour la gouverne des jeunes générations, c’était l’un des plus grands cirques de renommée internationale, ayant longtemps égayé chaque année, les soirées ramadanesques du bon vieux temps, en même temps que les cafés chantants, faisant le charme particulier de Bab Souika, El Halfaouine, etc…

Les trois mousquetaires méconnus

Cela dit, « Une seconde de conscience critique équivaut à une vie de travail aveugle » dit un vieil adage.

Quant aux « trois mousquetaires », nous ayant si bien « musiqués » la belle série du fou rire, nous aurons bientôt à vous les faire connaitre un à un et vous faire savoir le rôle de chacun  dans le succès de l’ouvrage, donnant un bol d’oxygène à des téléspectateurs ayant ras le bol d’un quotidien lassant et exaspérant par ces durs temps ramadanesques de confinement.

 

 

 

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