Ahmed Gaâloul, ministre des Sports, n’a pas mis longtemps pour marquer le ministère et pour faire parler de lui. Un marathon d’activités, un marathon de rendez-vous avec tout le monde presque (y compris des personnages sortis des archives !). Ahmed Gaâloul est bien présent partout, trop même franchement! Page Facebook (qui depuis des années ne fait que relater ce que fait le ministre et non le ministère !), radios, télés, sites, le ministre «crève l’écran»!  Il a eu, certes, le mérite de changer vite de décor et de faire partir quelques noms inutiles et qui n’ont rien fait des temps des ex-ministres, mais Gaâloul en fait un peu trop !

A force de vouloir être si présent et de médiatiser des activités routinières (surtout ces réunions avec les présidents des fédérations pour trouver un plan de reprise sur mesure au lieu de rassembler tout le monde pour gagner en temps et en efficacité), il verse dans les dossiers ordinaires et oublie les vrais dossiers très mal gérés par ses prédécesseurs à degrés différents. Le modèle de gérer les dossiers du sport au ministère est encore le même. On part du particulier et de ce que fait et veut chaque fédération pour s’aligner suivant les mêmes procédures lourdes et suivant les mêmes tares administratives et financières. Rien ne change, c’est le même décor. Des dossiers prioritaires? Gaâloul le sait ou ne le sait pas encore, il y a des milliers de diplômés des instituts  de  sport (quel calvaire et quel chaos!) qui n’ont pas de débouchés depuis 9 et 10 ans! Et même si l’Etat ne recrute plus, le ministère des Sports a-t-il réfléchi à des idées, des mesures d’encouragement pour loger ces diplômés dans des projets et des structures sportives privées par exemple? Et cette fameuse loi des structures sportives qui traîne, d’une manière louche et suspecte, dans les tiroirs? Et cette organisation des sportifs d’élite livrés à eux-mêmes, faute de finances?

Et ces métiers du sport à développer autour de la sphère technique et de compétition? Et ces dossiers douteux et dépassements de tous genres dans les clubs et les fédérations en l’absence de règles claires de reporting et d’audit et en l’absence surtout de logistique pour atténuer la corruption? Et ce sport féminin qui agonise au même titre que le sport des jeunes? On peut citer encore des dossiers qu’il est temps de bien traiter. Cela ne passe pas seulement par un simple ministre. C’est un programme fort, détaillé ayant besoin de beaucoup de moyens, mais surtout de volonté de changer la gestion du sport. On a peur que la reprise des compétitions après le Covid-19 soit, en elle-même, la simple priorité d’Ahmed Gaâloul et de son équipe. Ce ministère des Sports a besoin d’un grand ménage. Et cela n’attend plus. Ahmed Gaâloul, très «content» de ce poste et de l’image qu’il génère, doit faire un petit recul. Se montrer moins pour travailler plus et réformer sinon il sera comme les ex-ministres des Sports : il partira sans rien laisser derrière lui ou presque.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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