Dans la peau de Bayrem (Awled Moufida), l’acteur Nidhal Saâdi n’a pas manqué de nous émouvoir surtout pendant les derniers épisodes justement parce que son rôle a évolué et qu’il est passé d’un registre à l’autre avec beaucoup d’aisance. Il nous en parle. 

Cette année, en l’absence de Sami Fehri, c’est la réalisatrice Sawssen Jemni qui a mené la saison. Comment s’est passée la collaboration avec elle ?

Il faut savoir qu’entre moi et Sawssen Jemni il y a une complicité professionnelle qui existe depuis très longtemps. C’est une complicité qui remonte à mes débuts dans «Maktoub» où elle assistait Sami Fehri sur le plateau à l’époque et puis elle a continué à l’assister sur «Awled Moufida». Donc pour moi ce n’était pas une «nouvelle main», il y avait déjà une complicité qui existe déjà depuis longtemps. Cette année c’est elle qui a dirigé tout de A à Z, y compris la direction d’acteur. Sawssen Jemni passe beaucoup de temps avec nous et elle sait exactement ce qu’elle veut au millimètre près… C’est comme si elle fonctionnait par «frame» (seconde par seconde). Pour elle-même, un petit changement d’expression dans le visage à un instant précis pourrait changer toute une situation. Elle est vraiment dans la perfection et les petits détails. C’est un vrai travail d’horloger qu’elle a effectué pour cette saison. Cela dit, elle connaît tous les acteurs, leurs qualités et leurs défauts ainsi que leurs limites.Cette connaissance lui permet aussi de diriger chaque acteur. Personnellement je   remercie énormément Sawssen Jemni parce qu’elle nous a donné beaucoup et j’espère qu’on le lui a bien rendu.

Sawssen Jemni  est vraiment dans la perfection et les petits détails. C’est un vrai travail d’horloger qu’elle a effectué pour cette saison

Avez-vous endossé ce rôle comme une suite des autres saisons ou est-ce un nouvel  axe que vous avez développé dans  votre travail d’acting ?

Le personnage a beaucoup évolué entre la saison précédente et cette saison. Ce personnage, qui est  criminel et mauvais, subit un grand changement cette année dans la mesure où il essaie de se repentir et de corriger ses erreurs. C’est un changement presque complet dans l’attitude du personnage qui va influencer automatiquement ma manière d’acter. Dans les premiers épisodes j’étais quasiment dans le même jeu que les saisons précédentes, mais une fois que je deviens le mari de la femme du policier assassiné, le personnage devient un autre faciès qui émet de la douceur mêlée à la culpabilité. Toutes ces émotions doivent se voir et se sentir à l’écran. Ainsi j’ai changé beaucoup de choses dans mon jeu et cela aussi a été travaillé avec la réalisatrice pour que ça puisse apparaître de la meilleure façon au téléspectateur .Il y a beaucoup d’axes que j’ai développés. Par exemple dans la séquence avec le policier on voit un personnage agressif tout en étant calme . C’est un jeu différent de celui quand il est avec ses frères où il est tout le temps agressif et irascible…

C’est un changement presque complet dans l’attitude du personnage qui va influencer automatiquement ma manière d’acter

C’est aussi un jeu différent de la longue séquence d’abord avec Moez Ghdiri (en policier) ensuite avec Sarra Hannachi (votre épouse) où vous passez d’un registre à l’autre avec beaucoup d’aisance … 

En fait c’est la séquence la plus longue du feuilleton qui démarre avec Bayrem et le policier. Il y a trois étapes.

Dans la première il essaie de savoir ce qui se passe. Ensuite le moment où le policier lui montre la preuve de sa culpabilité et là il est au pied du mur et il commence à s’effondrer et enfin le moment où il passe aux  aveux face à la femme qui il aime et là c’est un autre jeu sur lequel j’ai beaucoup travaillé et où je suis presque dans une culpabilité hystérique. Le personnage devient un repenti. Cette dernière séquence est très complexe parce qu’il y a trop de «coloriage» tout en étant dans le même ton qui est celui de la culpabilité.

Qu’est- ce qui vous a donné le plus de fil à retordre dans cette saison ? 

Justement cette dernière séquence qui dure presque 12 minutes et il a fallu toute une journée pour la tourner. Ce qui était un peu difficile c’est de rester dans cet état émotionnel pendant toute une journée.

C’est une journée où je n’ai même pas déjeuné pour ne pas sortir du «mood» et c’était vraiment très dur… 

Ce qui était un peu difficile c’est de rester dans cet état émotionnel pendant toute une journée. C’est une journée où je n’ai même pas déjeuné pour ne pas sortir du «mood»

La fin de la saison a intrigué tous les spectateurs. Comment vous l’expliquez ?

Il s’agit tout simplement d’un rêve ! Mais depuis quand il dure ce rêve ? C’est la question à laquelle la saison 6 pourrait peut- être apporter des réponses. 

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