La pandémie du Covid-19 a chamboulé toutes les estimations et tous les projets mondiaux, fixés lors des symposiums internationaux dans le but de propulser au mieux les politiques nationales, notamment dans les secteurs de priorité.

Ce revirement sans précédent a poussé le Groupe de la Banque mondiale à lancer un appel insistant aux différents gouvernements pour réfléchir sagement sur les tournants que risqueraient de prendre leurs économies respectives, mais aussi sur les éventuels impacts sociaux d’une crise atypique et indéterminée dans le temps.

Et au moment où les gouvernements se penchent sur les enjeux sanitaires et sociaux, des changements économiques de taille suivent une évolution négative. La BM attire l’attention sur les lacunes à combler afin de mieux lutter contre la pandémie. Elle éclaire aussi les décideurs sur les orientations que devraient prendre leurs politiques pour une relance post-pandémie salutaire et futuriste, adaptée aux nouvelles normes climatiques et environnementales.

La BM commence, dans son rapport, à mettre le doigt sur le hic : l’accès à l’hygiène, notamment à l’eau potable et aux réseaux d’assainissement. Si le fait de se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon s’inscrit sur la liste des gestes simples de prévention contre la contamination par le Covid-19, il relève, pour des millions de personnes à travers le monde, de l’impossible !

De nos jours encore, trois milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau propre et au savon, ce qui sous-entend une vulnérabilité redoutable au virus, mais aussi à d’autres maladies gravement contagieuses. Parmi ces trois milliards de personnes vulnérables on compte pas moins de 900 millions d’enfants en âge scolaire, inscrits dans 47% des écoles dans le monde, dont l’installation d’eau et la disponibilité du savon y font défaut.

Pis encore : 16 % des établissements de santé dans le monde ne sont pas raccordés au réseau de l’eau potable et donc confrontés à un immense problème d’hygiène. Pour sauver, un tant soit peu, la situation, la Banque mondiale collabore avec les gouvernements concernés afin de remédier à ces lacunes et  sensibiliser les populations sur l’impératif d’être regardant quant au respect des règles d’hygiène, en général, et au lavage fréquent des mains, en particulier.

Qui dit « hygiène » dit « eau » !

Parmi les multiples actions, menées par la BM dans ce sens, figurent celles relatives à l’accès à l’eau potable dans la République Kirghize. Il s’agit de permettre aux zones rurales d’accéder à l’eau potable et aux services d’assainissement, aussi bien dans les maisons que dans les écoles. Des campagnes de sensibilisation avaient démarré, d’ailleurs, depuis 2017.

L’objectif étant, d’ici juin 2020, de former 30 mille personnes sur les règles sanitaires d’hygiène, d’installer 23 réseaux d’accordements à l’eau potable et à l’assainissement en faveur de pas moins de 16 mille écoliers. Autre action : le programme Pamsimas en Indonésie, mis en place pour former les populations sur les règles d’hygiène. Ainsi, quelque 1,9 million de personnes ont-elles pu tirer profit desdites formations. Aujourd’hui, 83% des écoles situées dans les zones ciblées par le projet ont réussi à améliorer nettement leurs installations sanitaires et pratiques en matière d’hygiène.

Les CDN : définir les priorités

S’agissant des défis climatiques et des challenges que doivent relever les pays pour une adaptation meilleure aux normalités devenues nouvelles, à cause de la pandémie et de son aspect indéterminé dans le temps, les conditions déterminées au niveau national (CDN) devraient, et en dépit des répercussions économiques immensurables de la crise, être mises en avant. La croissance économique et le transfert technologique constituent, indéniablement, les principaux piliers de la relance socioéconomique et doivent, à la suite de la pandémie, garantir un meilleur avenir aussi bien en matière de création d’emploi, de progrès technologique et scientifique qu’en matière de consolidation des biens publics à l’échelle mondiale.

La BM appelle les gouvernements, et plus précisément les ministères chargés des CDN, de formuler les priorités pour une relance globale, impliquant tous les secteurs stratégiques. Une relance qui nécessitera d’abord une discussion avec la BM ou d’autres institutions financières internationales, mais aussi un portefeuille à même de suffire au coût des  étapes préparatoires d’un projet d’une envergure aussi imposante.

Miser sur les énergies renouvelables

Parallèlement, et d’après le rapport du Groupe de la Banque mondiale, la production des minéraux indispensables à la production de l’énergie propre aurait tendance à augmenter de 500% à l’horizon 2050, et ce, afin de pouvoir répondre favorablement à la demande dudit secteur. « Le rapport prévoit que plus de trois milliards de tonnes de minéraux et de métaux seront nécessaires pour déployer l’énergie éolienne, solaire et géothermique, ainsi que le stockage de l’énergie afin que la hausse de la température du globe reste inférieure à 2°C ». 

Cependant, des obstacles de taille risquent d’entraver la réponse optimale de la demande du secteur des énergies propres. Parmi ces obstacles, la BM cite les répercussions de la pandémie Covid-19 qui a mis à ras la production minière de bon nombre de pays producteurs. La reprise de ces activités polluantes devrait être régie, une fois la pandémie estompée, par des critères stricts, afin de prévenir une poussée de pollution qui risquerait d’être engendrée par une surexploitation des mines. Aussi, la BM et le Climate Smart Mining appellent-ils les pays producteurs de minéraux et de métaux et ceux riches en ressources minières à orienter, désormais, la production conformément au besoin de la demande, notamment celle des énergies renouvelables.

Soucieux du devenir de la planète, le Groupe de la Banque mondiale affirme son appui aux pays via le déploiement d’une enveloppe colossale de l’ordre de 160 milliards de dollars dans le but de financer des actions contre la pauvreté et la fermeture des entreprises et pour contribuer au redressement de l’économie.

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