Au bout de 5 ans, l’écrivaine Khaoula Hosni clôt une trilogie de science fiction avec un dernier tome titré «La fosse de Marianne», publié chez Arabesques Edition. Au titre intriguant, la fin rimera avec «Dénouement». Rencontre avec sa jeune auteure.

Si tu devais donner un petit Pitch aux fans de la trilogie, qu’est-ce que tu leur dirais? Que nous réserve ce 3e tome?

Le 3e et dernier tome de cette trilogie est le dénouement. «Le cauchemar de Bathyscaphe», le tout premier, présentait le problème. L’action a atteint son paroxysme dans «Du Vortex à l’Abysse», et maintenant, je relâche doucement. Je donne la finalité que je veux à tous mes personnages que j’adore. Chacun a la finalité qu’il mérite. Je suis content de les voir arriver à ce stade-là : je suis très satisfaite. Je précise que j’ai tissé «La fosse de Marianne» avec beaucoup de passion : j’ai même pris mon temps pour le finaliser, bien plus que les autres. Je l’ai écrit amoureusement jusqu’à la dernière lettre.

Qui est «Marianne», le personnage qui monopolise et la couverture et le 3e volet ?

«Amélie Marianne Le Brun»! Je voulais qu’on comprenne à quel point elle est différente de Sarah et de Jade, les deux autres personnages féminins de la trilogie. Sarah et elles se rejoignent sur certains points : ce n’est ni la cadette ni l’aînée de la bande. Elle est discrète, froide (dans le bon sens). Dans ce roman, elle a un but bien précis et elle voudrait l’atteindre avec énormément de détermination, en dépassant pas mal d’obstacles et en payant bien le prix (je trouve). Elle fonctionne avec un esprit scientifique même dans ses relations humaines. Elle a tout le temps besoin de base rationnelle, de logique. Et justement, j’étais curieuse de voir comment une personne constituée de la sorte pouvait survivre, ou garder le cap dans une existence qui part en lambeaux. C’était magnifique à écrire psychologiquement pour moi.

  J’ai tissé «La fosse de Marianne» avec beaucoup de passion : j’ai même pris mon temps pour le finaliser, bien plus que les autres. Je l’ai écrit amoureusement jusqu’à la dernière lettre

Comment as-tu vécu la fin de cette trilogie ?

Etonnement, j’ai pensé que je serai bien plus heureuse que ça. (Rire). Comme j’ai passé beaucoup de temps avec ces personnages, il m’était difficile vers la fin de les laisser partir. Au début, j’étais soulagée mais avec du recul, ils me manquent. Je parle particulièrement des personnages du 3e tome. J’ai passé globalement 5 ans de ma vie avec eux/elles quand même. Ils manquent dans ma vie, dans mon quotidien… Je n’écrirai pas une autre fin et je n’enchaînerai pas avec un autre tome, mais ils me manquent. (Sourire). La fin reste exactement ce que je voulais.

Y a-t-il un personnage dont tu te sentirais particulièrement proche ?

Sarah me ressemble beaucoup. Nael aussi, je l’adore: c’est mon petit chouchou dès le départ. (Rire) La romance de Nael avec Amelia dans le 3e tome, j’ai adoré l’écrire.

Le confinement n’a rien changé pour moi. Il ne faut pas être confiné d’après moi pour lire ou ne pas lire. Lire se fait par plaisir…

Ton imaginaire SF (Science-fiction) est débordant. D’où puises-tu ton inspiration ?

Des personnages. Je n’ai aucun mérite. Ils viennent vers moi avec une certaine histoire, après je la décortique en scène d’action ou autre. C’est là où j’interviens : mon travail consiste en cela, à la décortiquer et faire en sorte que cela soit aussi intéressant pour moi que pour le lecteur. Ils viennent vers moi et je les laisse parler, se former devant moi. Je n’ai pas été auparavant attirée par la SF crue. Disons que je l’aime plus subtile, cet imaginaire-là, et mon chef-d’œuvre cinématographique suprême, c’est «le 5e élément» de Luc Besson. Une référence et une école de SF pour moi.

L’humanité est partie trop loin dans une frénésie de consommation dont on ne voit pas le bout

Est-ce qu’à un moment donné tu as eu une baisse d’inspiration ou as-tu peiné à finir un des 3 tomes ?

La trilogie et —le 2e tome spécialement— était un exercice d’écriture de scènes visuelles et c’était épuisant, éreintant. Pour le 3e, j’étais déjà rodée et j’ai pris le rythme. Inoubliable ! J’avais mal physiquement et mentalement. Je tenais à ce que mon imaginaire prenne forme le plus possible sur papier, d’une manière identique. C’était un gros challenge.

Ton écriture est très scénarisée, cinématographique. Envisages-tu de te lancer dans l’écriture scénaristique un jour ?

(Rire). J’y pense sérieusement. C’est probable. Je préfère ne pas en dire plus pour l’instant. J’y ai surtout pensé pendant le confinement. On verra !

Je tenais à ce que mon imaginaire prenne forme le plus possible sur papier, d’une manière identique. C’était un gros challenge

As-tu lu pendant le confinement ?

Le confinement n’a rien changé pour moi. Il ne faut pas être confiné d’après moi pour lire ou ne pas lire. Lire se fait par plaisir : je peux passer un bon bout de temps sans lire, comme je peux lire de nombreux livres d’une seule traite… et même en temps normal. C’est pareil. Je lis au gré de mes humeurs. J’ai surtout travaillé comme d’habitude dans la rédaction web. Mon domaine professionnel.

Quelles sont pour toi les leçons à tirer de cette pandémie du Covid-19 ?

Je fais une fixette sur l’environnement et l’écologie en général. Il faut peut-être repenser le mode de travail. Travailler à distance s’est avéré fructueux. Je ne pense pas qu’on va retenir la leçon. L’humanité est partie trop loin dans une frénésie de consommation dont on ne voit pas le bout. On est parti pour faire des conneries bien plus graves. (Rire)

Comment vois-tu le post-Corona ?

Je reste réaliste : le mode de vie global et l’économie mondiale ne vont pas changer de sitôt. En attendant le retour à notre train-train de vie quotidien… destructeur à petit feu hélas pour notre planète. Soyons responsables surtout à l’échelle individuelle.

Je reste réaliste : le mode de vie global et l’économie mondiale ne vont pas changer de sitôt

Quels sont tes projets en cours ?

Je te donne l’exclusivité : un magnifique livre est en préparation : il rappelle «Les cendres du Phoenix». J’espère le voir paraître d’ici l’année prochaine. Je l’ai pensé pendant l’écriture de «La fosse de Marianne». Ça va se passer en Tunisie et c’est une histoire d’adultère: un thème qui m’a toujours fasciné. Je le traiterai différemment. Ce roman-là me rappelle aussi «DABDA», mon livre préféré jusqu’à maintenant.

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