Victime d’un mal planétaire, notre pays souffle ses premières bouffées de délivrance. Le gouvernement Fakhfakh a relevé le défi en déployant tous les moyens nécessaires. En enregistrant 48 décès au total, la Tunisie fait partie des pays les moins touchés par le virus. Elle a pu compter sur ses jeunes qui, bien que déçus par les promesses vaines, se sont lancés à bras-le-corps dans la lutte contre le coronavirus.


La jeunesse, cette flamme embrasée de passion a malheureusement vu son étincelle progressivement s’éteindre après la Révolution. En effet, les années passent et les promesses s’enchaînent, mais rien sur le terrain, ce qui a poussé de nombreuses compétences tunisiennes à aller tenter l’aventure sous d’autres cieux, ce qui s’est traduit par des statistiques sur la fuite des cerveaux qui ne cesse d’augmenter chaque année.

Malgré leurs espoirs déçus, les jeunes ont mis en veilleuse leurs revendications et leurs doléances pour s’engager dans la lutte contre le coronavirus. Entre bénévolat, innovations, information et sensibilisation, la jeunesse tunisienne a mis son potentiel au service de la Nation, de Bizerte à Ben Guerdane.

C’est le cas des scouts de Zarzis qui ont participé à la collecte et la distribution d’aides alimentaires à 15.000 familles nécessiteuses dans plusieurs zones de la délégation.

Les exploits se sont poursuivis tout au long de cette période de confinement au cours de laquelle Amine Ben Saïd, étudiant à la Faculté des sciences, a trouvé un stratagème pour soutenir la stratégie du gouvernement dans la lutte contre le coronavirus, en élaborant une lampe germinale avec des ultraviolets dans le but de stopper le codage et la réplication des cellules. Toutes ces actions nous proposent un moment de réflexion pour élargir notre vision des faits quant à l’absence de mécanismes d’appui en faveur des jeunes.

Un dialogue de sourds qui n’a que trop duré

La relation toxique entre les cravatés et les jeunes ne date pas d’hier et cela risque de perdurer si les Hommes d’Etat d’aujourd’hui continuent à se voiler la face autour de maints maux. Pour Ibrahim Oueslati, analyste politique, «la relation entre l’Etat et la jeunesse a toujours été nourrie de tensions. Dans la plupart du temps, un jeune cherche toujours à se débarrasser des restrictions, qu’elles soient soit religieuses, morales ou institutionnelles. Il a ses propres outils et manières pour exprimer ses attentes. En Tunisie, l’inexistence des dispositifs d’encadrement, d’emploi et de culture n’aide pas à promouvoir l’autonomisation», a-t-il déclaré.

Pour Alaeddine Omri, étudiant en informatique, l’Etat se trouve dans une position très délicate où le moindre faux pas entraînerait un désastre.

«Nous, jeunes, nous sommes prêts à faire n’importe quoi pour notre pays. Au beau milieu de la crise sanitaire, des inventions ont vu le jour au sein de laboratoires d’universités et non dans les bureaux des ministères. Aujourd’hui, on a eu la chance de concevoir des robots, des imprimantes 3D et des respirateurs sollicités et acclamés par d’autres pays comme l’Italie. Cela prouve que nous valons plus que les jugements dont on nous accable sans cesse».

En 2020, la liberté repose uniquement sur les médias, les réseaux sociaux et télé poubelle, mais pour ce qui est des vraies valeurs, telles que la liberté de pensée ou de conscience, tout le monde se faufile pour apporter son masque et son chéquier afin d’étouffer à nouveau le cri d’une jeunesse meurtrie toujours en proie à une fièvre de création.

Devrait-on attendre ces hommes d’affaires pour investir dans une salle de cinéma en dehors du Grand-Tunis ? Faut-il rappeler au chef du gouvernement que 6.000 Tunisiens dont la plupart sont des jeunes sont encore derrière les barreaux à cause d’un joint ?

Avec un taux de chômage estimé à 18.8% (Think Tank All Monitor) le verdict tunisien est angoissant. Pour y remédier, les réformes devraient se manifester pour sauver la mise.

Un environnement entrepreneurial pour nos jeunes est plus que nécessaire, il est strictement apodictique. Mettre à côté l’archaïsme des administrations et promouvoir des lois flexibles en ces temps modernes pourraient garantir un avenir stable à nos jeunes, en leur ouvrant des perspectives. Pour l’heure, ce sont des laissés-pour-compte dans la plupart des zones défavorisées qu’ils préfèrent quitter au péril de leur vie plutôt que de vivre dans un pays sourd à leurs espoirs et leurs attentes.

G.A.

Charger plus d'articles
Charger plus par La Presse
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire