Les aides financières prévues par la FTF envers les clubs de football ont été jugées «insuffisantes» . Des montants qualifiés même de dérisoires pour des clubs à l’arrêt et en panne sèche de liquidités. Il faut rappeler que la FTF a prévu 40.000 dinars pour chaque club de L1 (un budget de 560.000 dinars), la prise en charge de l’hébergement de 30 personnes en plus de 3.000 dinars par match pour les clubs de L2 (concours en nature ou en prestations de services), alors que pour les clubs amateurs et les Ligues régionales, la subvention va de 1.000 à 2.000 dinars par match. Si on estime la valeur de cette subvention par club, on peut dire que ce n’est pas énorme et que cela ne va pas résoudre les problèmes (même si pour les clubs amateurs, les montants avancés font la différence). Mais si on voit le budget alloué ou le montant global accordé, et qui va dépasser le million de dinars, on peut dire que le bureau fédéral a injecté du «cash» et que cela reste un montant respectable dans ces temps de crise. L’entité fédérale, qui a une assiette financière large et diversifiée, souffre, elle aussi, de problèmes (moins compliqués que les clubs), et a reçu, comme d’autres fédérations, de l’aide de la part de la Fifa. Comme en Europe, la fédération a l’obligation de venir en aide à des clubs affiliés. Oui pour l’aide financière, mais remarquons bien la nuance entre ce qui existe ailleurs et ce qui existe ici. Les aides financières sont variées à l’étranger : de l’amnistie fiscale et sociale à l’octroi de crédits avec caution de la fédération et, bien sûr, du cash injecté. Mais ici, des voix pour réclamer du liquide sans aucune stratégie, sans les moindres mesures de contrôle de gestion et sans la moindre visibilité. Des présidents de clubs qui, dans la majorité des cas, demandent à la FTF et à la tutelle un financement «inconditionné» et ouvert. A notre avis, et bien que le Covid-19 ait ravagé un football tunisien déjà mal structuré et fragile, l’injection du liquide directement pour payer les salaires et les dettes n’est pas une solution à terme. C’est une solution de facilité qui ne peut pas satisfaire tous les besoins (la FTF n’a pas de quoi payer à la place de tous les clubs), étant donné que la FTF opère dans la limite du possible. Pire, ce système de subventions peut être un moyen pour le bureau fédéral afin d’influencer les décisions des clubs et garantir leur loyauté. La FTF doit, surtout, penser à des idées, des règlements et aussi à un cadre juridique pour que les clubs tunisiens développent leurs revenus et leur potentiel. La FTF doit les assister à mieux gérer et à mieux gouverner. C’est ce qui compte !

R.E.H.

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