Parce qu’elles accomplissent chaque jour une œuvre remarquable au service de la société et s’emploient à guérir les maux, à atténuer les souffrances et à traiter les maladies les plus mystérieuses et les plus graves, les blouses blanches, qui travaillent dans un environnement rude pour prendre en charge des patients, revendiquent les moyens d’agir et l’amélioration de leur situation.

Cette armée blanche, qui se déploie sur tous les fronts, bravant tous les risques, a réussi à épargner à notre pays un scénario catastrophique au moment où tous les citoyens se sont cloîtrés chez eux. Mais en plus du manque de moyens pour exercer convenablement  leur métier, ils sont exposés à l’agressivité et à la violence.

Pendant la pandémie, ils ont fait preuve d’humilité, de sacrifice et de dévouement. Ils ont puisé dans l’amour de leur travail, la solidarité de leurs collègues, la force de continuer à sauver des vies. C’est pourquoi ils ont mis de côté les difficultés qui pèsent sur eux et ont continué à porter le poids de l’immobilisme de l’administration sans pour autant se dérober à ce qui fait l’extrême exigence de leur rôle. Mais c’est ce qui en fait également sa noblesse.

Aujourd’hui, ils haussent le ton pour décrier un système sclérosé et incompatible avec leur mission. C’est ainsi que la Fédération générale de la santé a annoncé une grève générale dans le secteur pour le 18 juin. Ce débrayage est programmé alors que le risque du retour de la pandémie est encore probable et concernera toutes les institutions sanitaires et tous les établissements hospitaliers ainsi que les administrations régionales et centrales relevant du ministère de la Santé.

Des appels aux sit-in et aux rassemblements sectoriels sont lancés. A l’origine de la grogne des blouses blanches, la non-application des accords liés à la loi organique spécifique, la titularisation des nouvelles recrues (les contractuels et les agents temporaires), outre l’approbation d’une subvention spécifique liée aux pandémies et épidémies.

Et comme notre société a besoin d’eux, nous devons nous engager pour que l’on parle de leurs soucis. Ce débrayage et ces mouvements de protestation ne remettent nullement en question leur compétence, leur dévouement et les services qu’ils rendent à la société. Mais doivent nous amener à nous interroger tous sur les lacunes de notre système d’organisation et de fonctionnement de la santé. Car c’est dans la rencontre des responsabilités qu’on trouvera le bon équilibre.

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