Les dépenses liées au respect du protocole sanitaire ont augmenté


Les médecins dentistes figurent parmi les professions qui ont le plus pâti des répercussions de la pandémie de Covid-19 pendant la période de confinement. 94% des praticiens, qui sont pour la majorité installés dans le privé, ont dû suspendre leur activité. Alors que les rentrées d’argent se résument à zéro, ils doivent pourtant s’acquitter des salaires du personnel, du loyer, des factures…Les 5% restants ont assuré les urgences pendant la période de confinement en veillant à respecter les mesures de protection pour réduire le risque de contamination. Mais pour eux, la peur est constamment présente, notamment en début de pandémie, en raison du manque de moyens de protection.

La promiscuité étroite avec le malade qui augmente le risque de contamination a contraint ces praticiens à opter, dès le début, pour un protocole rigoureux. Un questionnaire est adressé à chaque patient qui est pris en charge pour des soins d’urgence afin de savoir s’il présente ou non les symptômes du coronavirus. En cas d’une éventuelle suspicion, le médecin dentiste contacte le 190 pour assurer le transfert du patient dans une structure dotée d’un circuit Covid. Cette crise a surtout des conséquences désastreuses pour les personnes souffrant de maladies chroniques et qui ont dû reporter leur visite de contrôle jusqu’à nouvel ordre.

En effet, certaines pathologies parodontales qui n’ont pas été traitées à cause de l’absence d’une prise en charge médicale ont fini par générer des complications chez des personnes atteintes de diabète, d’hypertension, de maladies cardiovasculaires.

«Les maladies parodontales peuvent être à l’origine d’une hémorragie et libérer des toxines dans le sang, ce qui peut provoquer des complications chez une personne souffrant d’une maladie chronique», explique Bassem Maatar, président du Syndicat des médecins dentistes de libre pratique.

Des dépenses qui oscillent entre 12 et 16 dinars par patient

Dès le début du déconfinement, plus  de 90% des médecins dentistes ont repris leur activité. Loin d’être un simple retour à la normale, la lutte contre le coronavirus exige de lourds sacrifices pour ce corps médical déjà durement touché par la crise du Covid-19. Outre l’achat coûteux de tous les équipements de protection (produits et tapis désinfectant installé à l’entrée du cabinet, surblouse, charlotte, gants, masques…), les médecins dentistes sont contraints de non seulement réduire de moitié le nombre de leurs patients afin de veiller au respect de la distanciation sociale mais ils doivent, par ailleurs, espacer l’intervalle qui sépare deux consultations pour procéder à l’aération du cabinet et à la désinfection systématique du fauteuil dentaire ainsi que du sol et des instruments qui ont été utilisés au cours des soins prodigués au patient.

Le respect de ce protocole sanitaire a un coût et accroît, par conséquent, les dépenses liées à la prise en charge du patient et qui oscillent entre 12 et 16 dinars par malade. «La nature et la spécificité de notre activité impliquent une grande promiscuité qui augmente le risque de contamination par le coronavirus, d’où l’importance de respecter scrupuleusement les consignes barrières. La projection de gouttelettes lors des soins dentaires peut contaminer la personne d’en face», à savoir le médecin traitant, explique le président du Syndicat des médecins dentistes.

L’acquisition des masques chirurgicaux a également alourdi les frais car le médecin dentiste en utilise plusieurs par jour. «Il aurait fallu réfléchir à un tarif préférentiel pour les médecins d’autant plus qu’ils sont obligés d’en utiliser un grand nombre. Cela pèse sur nos budgets, à nous autres médecins», a-t-il conclu.

Charger plus d'articles
Charger plus par Imen Haouari
Charger plus dans à la une

Laisser un commentaire