Les footballeurs ont rechaussé leurs crampons pour le plus grand bonheur et le plaisir des téléspectateurs.  Le jeu et le spectacle reviennent mais sans spectateurs dans les tribunes…

Le football a repris dans une grande partie du globe terrestre. Du Costa-Rica en Amérique centrale à la Corée du Sud en Asie orientale en passant par le Burundi en Afrique jusqu’en Islande en Europe du Nord, les footballeurs de nombreuses régions du monde ont recommencé à taper dans le cuir. A l’exception de pays comme la Biélorussie, le Turkménistan ou le Tadjikistan où la compétition d’élite de football ne s’est pas arrêtée, la majorité des pays ont dû effectuer la pause corona. Celle qui a contraint à l’arrêt de millions de footballeurs et de sportifs de la planète entière à cause de la propagation de l’épidémie du Covid-19 depuis mars 2020. Pis, des pays extrêmement touchés par l’épidémie du Covid-19 ne voient plus le jour. Le Brésil, qui compte près d’un million de cas et plus de quarante mille morts, s’empêtre dans la crise sanitaire et a dû arrêter ses nombreuses compétitions depuis deux mois déjà. La reprise du football au pays où il est «sport roi» n’est pas pour demain la veille. De l’autre côté de l’océan Atlantique, en France, le championnat professionnel de Ligue 1 saison 2020-2021 est terminé en attendant la reprise des compétitions, annoncée pour septembre 2020. Une décision courageuse prise par la France tout comme les Pays-Bas. Pour la plupart des pays européens, le football a repris pour terminer les saisons en cours de jeu mais sans public ce qui n’est pas la même histoire.

Une ambiance spéciale

Allemagne d’abord. Portugal et Italie ensuite puis Espagne, l’élite du football européen a repris ses droits. Sauf la compétition reine, La ligue des champions, qui n’est pas à l’ordre du jour et a été reportée pour août 2020. Un «final 8» va se disputer entre les huit équipes restantes pour sacrer l’équipe championne. Alors, le téléspectateur, où qu’il se trouve, se rue sur ses écrans pour redécouvrir les joies et la fièvre du ballon rond et sortir de la monotonie de la maison. On rappelle que le public est obligé de déserter les gradins et tribunes des stades pour poursuivre la lutte contre le Covid-19 qui est loin d’être gagnée à l’échelle mondiale. Alors, on entend les gesticulations, les insultes et grossièretés des joueurs à-tout-va. Ce qui n’est pas forcément agréable. Le spectacle en a pris un coup lui aussi. Les grandes équipes ne marquent pas beaucoup de buts. Bien moins qu’avant le début de l’épidémie. La rivalité et le suspense dans le match ont baissé d’un cran hormis quelques rares exceptions. Pour preuve le soporifique match entre la Juventus et le Milan sur le score nul et vierge de 0 à 0 disputé le week-end dernier. Cristiano Ronaldo a même raté un penalty sans conséquence pour la Vieille Dame ou Vecchia Signora en italien qui se qualifie en finale de la Coppa Italia contre le Napoli, tombeur de l’Inter. Toutefois, CR7, comme l’appellent ses fans, nous a gratifié d’un geste technique tout en beauté en dégommant le pauvre défenseur milanais Laxalt qui est parti tamponner les panneaux publicitaires. Les gradins vides résonnent creux et chaque parole, tir ou choc sur le terrain, a un bruit décuplé. Les cartons rouges et penaltys continuent d’être servis plus que jamais. Mais les grandes équipes ont baissé la garde nécessairement. Le FC Porto au Portugal accumule les contre performances et les petits matchs ce qui profite au grand rival lisboéte du Benfica FC qui revient à trois points derrière le leader portolais. En Espagne, le FC Barcelone a gagné par 2 à 0 contre-Leganes dans la soirée du mardi 16 juin avec un penalty de Messi. Leo a marqué son 46e penalty dans la Liga ce qui le place à six longueurs seulement derrière l’indétrônable Ronaldo avec 51 réalisations sur penalty dans la Liga espagnole Bbva Santander. Au point qu’il est surnommé Penaldo. En Allemagne, le Bayern Münich est sacré champion pour la huitième fois d’affilée mais sans gloire. Des victoires étriquées sur la plus petite des marges 1 à 0 contre le Werder Brême et son dauphin du Borussia Dortmund prouvent que l’enjeu a pesé sur le jeu ce qui n’est pas dans les habitudes bavaroises. «A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire», disait Corneille dans sa célèbre maxime. Mais le «grand huit» du Bayern a été applaudi par la presse internationale.

Le football à huis clos a toujours désenchanté les joueurs et le public par le passé. Cette fois la crise sanitaire due au Covid-19 impose ses règles et ses conditions. Le port du masque par l’entraîneur, le jeu parfois trop prudent et le nombre de remplacements de joueurs en cours de match portés à 5 au lieu de 3 prouvent que les conditions ne seront plus les mêmes pour un long moment.

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