Mohamed El Arbi a brigué lui et sa liste, comme attendu, un second mandat de suite à la Lnfp, vu  qu’il n’y avait qu’une liste en course, avec une trentaine de clubs présents sur 38 et qui ont voté El Arbi. Ce qui intrigue, c’est ce que l’ancien-nouveau président a dit  au micro d’une radio : «Il ne faut pas s’attendre à de grandes choses à faire aux clubs. Nous ne promettons rien, on a des règlements qu’on applique. Notre mission se limite à l’organisation du championnat». Pour un président d’une Ligue de football professionnel qui doit chapeauter les clubs de la L1 et la L2, ces déclarations résument un ordre existant. Un constat amer : la Lnfp n’a pas de poids sportif, elle n’a pas de prérogatives sérieuses par rapport à la FTF qui assure tout le travail. La Ligue est une instance d’exécution rattachée au Bureau fédéral. Elle dépend de lui, elle n’a aucun pouvoir, aucune autorité, et même si elle rend des sentences, elles sont facilement transférées en appel.

En deux mots, la Lnfp n’a aucune importance ni aucun pouvoir de gestion des affaires du football tunisien. C’est une triste réalité de notre pitoyable football. Dans d’autres pays, la Ligue gère tout ce qui concerne le championnat, entre gestion du calendrier, le dossier arbitres, les droits TV et prend des décisions «stratégiques». Ça n’a rien à voir avec ce qui se passe chez nous : ces Ligues sont respectées parce qu’elles permettent aux clubs d’élargir la base de leurs revenus et de les diversifier. Elles défendent les droits des joueurs et des clubs en gérant le calendrier du début jusqu’à la fin. Ici, la Ligue est un département exécutif au service du Bureau fédéral. A l’étranger, le président de la Ligue a le même rang et la même «classe» qu’un président de fédération. Ici, le décalage est énorme entre les deux hommes. Tout passe par la FTF.

Cela fait plus de 13 ans qu’on le dit : la Ligue, dans sa conception actuelle, ne joue pas un rôle clef pour mieux gérer le calendrier du championnat et gérer surtout, avec autorité, tout ce qui tourne autour du championnat. Ce n’est pas le cas malheureusement. Le monopole du Bureau fédéral tue la Lnfp qui va passer un autre mandat dans l’anonymat. Qui connaît les membres du Bureau élu? Qui les invite à parler aux médias ? Par rapport aux membres fédéraux, ils sont mis à distance, peu influents. La Lnfp mérite plus de poids, plus de respect pour développer le championnat.

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