Illustration: © Pete Kreiner, alias « PEK » (Australie) / Cartoon Movement


Par Abdel Aziz HALI

Manifestement, au sens figuré, l’été 2020 risque d’être plus chaud que les précédents. Alors que nous entamons la dernière semaine du mois de juin, la pandémie du SARS-CoV-2 semble avoir repris du service à travers la multiplication des foyers de contamination aux quatre coins du monde.

D’Al-Khalil (Hébron, en français) dans les territoires occupés à Rio de Janeiro ou à São Paulo (Brésil) en passant par Pékin et Séoul, le nombre de personnes testées positives au nouveau coronavirus ne cesse d’augmenter.

En Cisjordanie, par exemple, en une semaine (du 15 au 22 juin 2020), le nombre des personnes infectées est passé de 430 à 903 — plus du double —, selon le ministère palestinien de la Santé.

D’ailleurs, hier, Ramallah a recensé, en 24 heures, 142 malades atteints du Covid-19, soit « le bilan le plus élevé pour une seule journée », depuis le début de la pandémie, a indiqué le ministère.

Cette inquiétante résurgence du virus a poussé les autorités palestiniennes à tirer la sonnette d’alarme en bouclant dans la foulée, samedi dernier, les cités d’Al-Khalil et de Napoulse, respectivement dans le sud et le nord de la Cisjordanie occupée, suite à une inquiétante flambée du nombre de contaminations.

 

La deuxième vague de la pandémie du nouveau coronavirus (Illustration: © Halit Kurtulmus Aytoslu (Turquie) / Cartoon Movement)

 

La ministre palestinienne de la Santé, Mai al-Kaila, a pointé du doigt le « va-et-vient » des Palestiniens travaillant en Israël et les « Arabes de 48 » (Arabes détenteurs de la citoyenneté israélienne-Ndlr) entre l’État hébreu et la Cisjordanie.

Dans l’Empire du Milieu, les Pékinois ont eu droit à un vent de panique après que le maire de la capitale chinoise a qualifié la situation épidemique d’ « extrêmement grave », suite au recensement de 27 nouvelles contaminations mardi dernier.

Si on parle d’un peu plus de 300 nouveaux cas dans une mégapole de 21 millions d’habitants, les check-points et les bandes de vigiles armés de thermomètres ont vite fait leur « come-back » avec la découverte, récemment, d’un nouveau « cluster » sur le gigantesque marché de gros de Xinfadi, l’un des plus grands d’Asie.

« En quelques heures, les écoles ont été fermées, tout comme les gares et les aéroports, près de 400 000 personnes ont été dépistées dans une centaine d’hôpitaux, et des centres ont été installés à la hâte en plein air dans plusieurs stades de la capitale. », souligne le correspondant du Journal du dimanche, Sébastien Le Plezic.

Il faut dire que le Palais de Zhongnanhai, la résidence du commandeur Xi, craint une deuxième vague qui risquerait de froisser l’humeur victorieuse du secrétaire général Parti communiste chinois, voire le mettre dans de beaux draps.

« Xi Jinping n’est pas dans une situation confortable, décrypte une source diplomatique, il fait face à une situation internationale très difficile avec les États-Unis mais aussi avec l’Australie, l’Europe, la Grande-Bretagne avec Hongkong et maintenant l’Inde. Le pays traverse une crise économique inédite avec des centaines de millions de chômeurs. L’image de Pékin confinée et les risques que fait peser une deuxième vague sont trop importants pour que le président n’agisse pas avec force. », souligne Zhou Xun, professeur de sciences politiques à Oxford dans les colonnes du JDD. « Le moindre raté dans la gestion de cette crise remettrait en question l’image du régime. Pékin n’est pas Wuhan, et un échec serait un symbole terrible pour le Parti. », renchérit-il.

Idem en Corée du Sud dont les autorités sanitaires pensent que la seconde vague semble être pour le moment inévitable. Si la « success story » sud-coréenne dans la lutte et la maîtrise du Covid-19 a fait les unes de la presse étrangère, la directrice générale du du Centre coréen de contrôle des maladies (KCDC), Dr Jeong Eun-kyeong, a déclaré que la récente résurgence de la pandémie l’avait amenée à conclure que le pays était en proie à une 2e vague de contaminations, et qui pourrait se poursuivre pendant plusieurs mois.

Aux dernières nouvelles, les autorités sanitaires ont déclaré, hier, qu’au cours des dernières 24 heures, 17 nouvelles infections avaient été enregistrées, provenant de différents groupes entre fonctionnaires de bureaux et travailleurs en entrepôts. Jusqu’à présent, le Kcdc avait déclaré que la première vague de Corée du Sud n’avait jamais vraiment pris fin. Mais le Dr Jeong a, également, déclaré qu’il était désormais clair que durant le week-end des vacances du début du mois de mai, la spirale contagieuse a été réactivée dans la région du grand Séoul, qui n’avait auparavant connu que quelques cas.

Parallèlement, dans le pays des « Auriverdes » (les Brésiliens, dont l’étendard national est vert et or-Ndlr), le coronavirus a fauché, avant-hier, 661 nouvelles âmes, portant le bilan total à 50.617 décès, a communiqué le ministère de la Santé brésilien.

Il faut dire que la mauvaise gestion de la crise sanitaire par le cabinet du nonchalant président de la République, Jair Bolsonaro, continue de défrayer la chronique et provoquer l’ire des « Cariocas » (les habitants de Rio de Janeiro) et des « Paulistas » (les citoyens de l’État de São Paulo), dont les morts se comptent par milliers: une véritable catastrophe humanitaire faisant de la « Terra das Palmeiras » (pays des palmiers, surnom du Brésil-Ndlr), la deuxième nation la plus endeuillée par le Covid-19 derrière le pays de l’Oncle Sam (États-Unis).

Assurément, il y a de quoi s’inquiéter dans nos contrées !

A.A.H.


 

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