Des soucis, les citoyens de Gafsa en ont à la pelle…

Gafsa ne fait pas l’exception parmi les autres villes du pays marquées par cette dégradation des services rendus aux citoyens et la détérioration de l’infrastructure communale, et cela depuis le 14 janvier, alors, qu’on parle de cette stratégie de développement (2016-2020) sur fond d’un intérêt accordé aux régions intérieures mal loties pour atténuer les disparités régionales.

Avec ses 115.000 habitants sur 2.640 ha, la gestion des mécanismes est marquée par une faiblesse affligeante, même si cela peut trouver une explication dans ce marasme politique dans lequel baigne le pays et qui fait qu’au niveau des conseils municipaux, ce n’est guère le beau temps avec ces incessants changements au niveau de la composition des mairies sans que les projets changent (si elles existent…).

Des soucis, les citoyens de Gafsa en ont à la pelle, et la liste est longue pour les dénombrer. L’abattoir sis à Doualy, une cité qui connaît une explosion démographique fulgurante, est le point noir qui fait tache d’huile dans un environnement qui se dégrade au fil de jours. Les répercussions néfastes sur le quotidien dans les alentours, tout comme les conditions de l’abattage des bêtes font l’objet des nombreuses réclamations et requêtes des habitants sans qu’on leur prête l’oreille pour répondre à leurs doléances. Certes, des actions de restauration ont été apportées au bâtiment sans que cela puisse remédier aux lacunes relevées, et, de ce fait,  la nécessité de le transférer ailleurs est un besoin qui urge.

La tendance est de bâtir un nouvel abattoir en dehors des agglomérations sur un lot de terrain déjà fixé par la municipalité et auquel une enveloppe de 1,5 million de dinars sera allouée. Pour enchaîner avec les défaillances dans le périmètre communal, il y a lieu de citer les fuites répétées d’eau à travers certaines artères de la ville sans que les services concernés daignent intervenir pour réparer le préjudice subi sans parler des difficultés causées surtout devant les écoles primaires et les administrations publiques sans parler de ces (m3) dilapidés. On s’attend à un projet pour refaire le réseau souterrain de la tuyauterie sur une distance de 10 km, bénéficiant à 10 quartiers de forte densité.

Le projet cité fait partie d’une méga-action de réfection des trottoirs et modernisation des voies publiques sur 15 km avec installation de nouveaux réverbères d’éclairage public. Face à ces actions qu’elle devrait entreprendre dans les plus brefs délais au vu de leur caractère urgent, la municipalité est contrainte de composer avec le facteur financier qui constitue un gouffre à combler. En effet, les dettes impayées par les riverains s’élèvent à 8 millions de dinars dont 5 millions de dinars à titre d’impôts municipaux et 700 mille dinars pour frais de location de son patrimoine foncier.

Dans ce sens, il y a lieu de signaler que le registre des biens immobiliers a commencé à être tenu depuis 2009 et n’inclut pas de nombreux biens municipaux. Qui plus est, les dossiers juridiques pour certains immeubles non enregistrés sont restés dans le tiroir. En outre, l’activité d’enregistrement demeure presque inexistante. Autre mal qui gangrène la qualité des services rendus : il s’agit de ce phénomène d’empiétement de ses biens immobiliers et ce n’est qu’au cours de la période (1998-2004), qu’une action tous azimuts à été entreprise pour régulariser la situation, mais avec des montants dérisoires ne répondant pas aux valeurs réelles de ces biens fonciers.

Un constat loin d’être reluisant dans une ville victime d’une extension anarchique et une explosion démographique rendant étouffant le vécu des citoyens. Mais l’espoir de redorer le blason est d’actualité avec les efforts déployés pour faire « la révolution » dans la gestion de la commune. En effet, avec une réussite escomptée dans la gestion rationnelle, une maîtrise des dépenses et le traitement efficient des doléances des citoyens, la municipalité pourrait réaliser un bonus de progression de 70 points, l’équivalent d’une prime de 300 mille dinars lui permettant de financer ses projets ; même si la somme est en deçà des exigences de ce genre de projets.

En 2016, la commune de Gafsa s’est contentée de 42 points la privant d’une telle aubaine. En attendant, les citoyens de tout bord s’impatientent de passer aux urnes pour choisir leurs futurs élus lors des prochaines joutes électorales municipales. Comme quoi, on ne perd pas espoir de vivre dans un cadre agréable devenu un rêve irréalisable. Wait and see…

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