La dernière affaire concernant le rapt du nouveau-né à l’hôpital Wassila-Bourguiba remet en question la sécurité à l’intérieur des hôpitaux et les promesses non tenues concernant certaines nouvelles mesures annoncées à longueur d’année ayant trait à ce volet. L’accès de ces derniers aux hôpitaux doit être accompagné par des mesures organisationnelles très strictes. Le système de recrutement des agents de sécurité est surtout à revoir dans toutes les institutions hospitalières, car il y va de la santé et de la vie des citoyens.

Plus de 170 km séparent l’hôpital Wassila-Bourguiba à Tunis du petit village d’Ellès, relevant de la délégation du Sers, dans le gouvernorat du Kef, où le bébé Youssef, enlevé mercredi dernier, a atterri. N’eussent été la vigilance et le savoir-faire professionnel des unités de la police en matière de ce genre d’enquête et surtout  les moyens, notamment techniques, mis à leur disposition, le nouveau-né ne serait pas retrouvé.

Des moyens d’investigation avancés

Cinq jours après son enlèvement, les unités sécuritaires ont pu décrypter les informations se rapportant  à ce crime, s’appuyant sur les séquences vidéo enregistrées à l’intérieur et à proximité de l’hôpital et surtout sur d’autres moyens techniques  très sophistiqués  pour traquer par géolocalisation les ravisseurs et retrouver le nourrisson. C’est dans le petit village d’Elles, que l’affaire de cet enlèvement a connu une heureuse fin et le nouveau-né a été retrouvé en bonne santé et rendu à ses parents.

Le village d’Elles est le plus ancien dans l’histoire de la Tunisie. Un travail de fourmi pour les unités sécuritaires pour arriver à ce point éloigné situé au Nord-Ouest du pays, là où se trouvent les nécropoles mégalithiques d’Elles. Quelle mouche a piqué les kidnappeurs ? Pas des réponses pour le moment.

Cinq jours après son enlèvement, les unités sécuritaires ont pu décrypter les informations se rapportant  à ce crime, s’appuyant sur les séquences vidéo enregistrées à l’intérieur et à proximité de l’hôpital et surtout sur d’autres moyens techniques  très sophistiqués  pour traquer par géolocalisation les kidnappeurs et retrouver le nourrisson. C’est dans le petit village d’Elles, relevant de la délégation du Sers, que l’affaire de cet enlèvement a connu une heureuse fin et le nouveau-né a été retrouvé en bonne santé et rendu à ses parents.

La mère et le père n’ont pas tari d’éloges sur les grands efforts des unités de la police dans le cadre de cette sordide affaire. La mère a expliqué dans l’une de ses déclarations aux médias que l’accusée dans cette affaire l’a abordée à l’intérieur de l’hôpital dans le cadre de son plan machiavélique visant à lui enlever son bébé. Après l’incident, elle a très vite reconnu la femme en question à travers la vidéosurveillance. Le bébé a passé deux jours à Tunis avant qu’il ne soit transféré à la  délégation d’El Sers  dans une voiture avec la complicité du mari de la femme soupçonnée d’enlèvement.

Le ministre de l’Intérieur, Hichem Mechichi, a mis en exergue le recours par les unités sécuritaires à des moyens techniques avancés pour résoudre l’énigme alors que le  ministre de la Santé a remercié les unités de la police  et a salué les efforts consentis à cet effet, mettant, à son tour, en relief l’importance des nouvelles techniques d’investigation  et d’enquête employées à cette occasion.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur évoque à ce propos une  « opération sécuritaire qualitative »  menée par les unités de la direction régionale des affaires criminelles à la police judiciaire. Elle a permis d’identifier les auteurs de l’enlèvement et de les localiser dans le gouvernorat du Kef, a-t-il ajouté.

Il a précisé dans une déclaration à l’agence TAP que le nourrisson a été admis dans un hôpital, en coordination avec le représentant du ministère public et le représentant de la protection de l’enfance.

De 2011 à 2020, les enlèvements continuent

Tout est bien qui finit bien, mais il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers. Il vaudra mieux tirer les leçons du passé car cela risque de se reproduire dans d’autres hôpitaux. En décembre 2011, rappelons-nous, un bébé de sexe féminin (Lina K.) de 40 jours a été kidnappé à l’hôpital d’enfants de Bab Saâdoun et retrouvé dans la région de Bhar Lazrag (La Marsa) trois jours après grâce aux efforts des unités sécuritaires. Abdellatif Mekki, ministre de la Santé sous la Troïka, rend visite au bébé retrouvé et sa mère à l’hôpital Mongi-Slim à La Marsa et déclare que des « des décisions ont été prises pour renforcer  la sécurité dans les hôpitaux », ajoutant que « les familles des patients doivent respecter le règlement interne des hôpitaux, notamment celui relatif aux heures de visite ».

En décembre 2013, toujours à l’hôpital d’enfants de Bab Saâdoun, un autre bébé a été enlevé par deux femmes. Dieu merci, il est retrouvé très vite le lendemain  à proximité de l’hôpital. Les deux kidnappeuses, craignant d’être reconnues par les autorités sécuritaires grâce à la vidéosurveillance, avaient décidé de renoncer à poursuivre l’aventure et ont préféré remettre le bébé en catimini dans un endroit tout près de l’hôpital.

Le petit village d’Elles est le plus ancien dans l’histoire de la Tunisie. Un travail de fourmi pour les unités sécuritaires pour arriver à ce point éloigné situé au Nord-Ouest du pays, là où se trouvent les nécropoles mégalithiques d’Elles. Quelle mouche a piqué les kidnappeurs ? Pas de réponses pour le moment.  

Le 11  novembre 2019, une patrouille de sécurité a pu arrêter une femme déguisée en infirmière qui a kidnappé plus tôt un bébé de sexe féminin au service de néonatologie de l’hôpital Tahar-Sfar, à Mahdia. Les agents de sécurité n’ont rien vu quand la fausse infirmière a pu quitter en toute quiétude l’hôpital avec le bébé enlevé !

L’enlèvement de Youssef est une autre affaire  qui remet en question les principes élémentaires liés à la  sécurité à l’intérieur des hôpitaux et la nécessité de  faire régner l’ordre, notamment du côté des visiteurs. L’accès de ces derniers aux hôpitaux doit être accompagné par des mesures organisationnelles très strictes. Le système de recrutement des agents de sécurité est  surtout à revoir dans toutes les institutions hospitalières car il y va de la santé et de la vie des citoyens.

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