Sourires, accolades, chaleureuses embrassades, à la fin de la journée du premier acte de la session principale du bac, l’heure est à la décontraction et au soulagement quoique…rien ne soit encore joué !

Vendredi 10 juillet 2020 au lycée pilote Habib-Bourguiba, pépinière des futurs cadres et responsables de l’Etat tunisien, les têtes sont à la fête. Sous un soleil de plomb, la troisième journée des épreuves et la dernière de la semaine s’annonce décisive. Et pour cause. Les épreuves de maths et sciences selon la spécialité du candidat sont encore au menu du jour. La veille, la section Maths est concernée par une épreuve de maths, hier, tout comme la section Sciences avec la matière des sciences. Deux épreuves dans la même journée pour finir la semaine en trombe. L’angoisse est palpable chez les parents qui bravent la chaleur assis et debout des heures durant à l’ombre des arbres. Dès 14 heures, les premiers futurs bacheliers se mettent à sortir un par un, puis par groupes de deux ou trois pendant au moins quinze minutes.

Khaled E., la cinquantaine, père d’un jeune garçon, évoque sur un ton serein les aspirations de son fils : «Je m’attends forcément à des résultats satisfaisants au vu de son brillant parcours durant toute l’année». Il envisage carrément d’inscrire son poulain à l’étranger, en Europe, en cas de résultats satisfaisant et excellent. Beaucoup de parents pointent aux abords du Lycée Carnot en attendant la sortie de leurs protégés. Il est 13h30, un père attend patiemment la sortie de sa fille qui subit l’épreuve de français. Il raconte le parcours satisfaisant de sa bien-aimée Marwa sereinement : «Elle est inscrite au bac Sciences et a subi l’épreuve de maths le matin après avoir passé celle des sciences la veille. Je suis confiant quant à la réussite de ma fille». Il est vrai que l’établissement pilote, d’une grande renommée, enregistre des taux de réussite très élevés, bien au-delà de la moyenne nationale avec rarement des cas d’échec. D’après les échos, l’épreuve des mathématiques est coriace et complexe. Un autre son de cloche est parvenu de Yasmine C., blondinette de 18 ans, inscrite au bac Sciences dans un autre lycée qui donne ses impressions sur le démarrage des épreuves avec un sentiment d’amertume  : «Le sujet de l’épreuve des sciences la veille a comporté sur des notions qui n’ont pas été abordées depuis 2013 au sujet de la biogénétique. Du reste, une partie de l’examen est difficile avec des questions très pointues ou complexes». Un sentiment fort partagé au cours des épreuves  de jeudi 9 juillet à la fois pour les candidats de la section Sciences que ceux de la section Mathématiques. Pour revenir sur l’épreuve littéraire du jour avec le français, deux thèmes sont proposés en fonction de la filière du bachelier. C’est soit l’amour pour une grande majorité des élèves de la section Maths, soit la guerre pour leurs homologues de la section Sciences. 

Au choix : l’amour ou la guerre

Le sujet sur l’amour traite la question : «Dans quelle mesure l’amour peut changer la vision de l’homme ?» Il comporte trois parties avec une partie introductive scindée en un questionnaire et un argumentaire respectivement sur trois et sept points avant d’entamer la deuxième partie sous forme d’essai et commentaire écrit sur dix points. Imène, jeune brune, ne cache pas sa déception même si elle garde le sourire aux lèvres au moment de parler avec son camarade. Elle confie : «Je trouve que le sujet est plus difficile que prévu. Dans mon esprit, l’examen de français va conforter ma réussite au bac mais là je crains que je ne gagne pas beaucoup de points dans cette matière. Je me concentre sur les prochaines épreuves de la semaine à venir. Pas plus». Un autre garçon, cheveux frisés et assez dodu, affirme l’air rassurant que «c’est abordable et accessible». D’autres candidats sondés sur place à la sortie des examens affirment avoir subi une épreuve de français portant sur le théme de la guerre. Inscrits en bac Sciences techniques, ils redoutent être passés «à côté du sujet» sur cette question épineuse en temps de «guerre» justement…contre le Covid-19, le terrorisme ou le grand banditisme.

Après une longue attente, la délivrance arrive pour les parents qui récupèrent leurs enfants après trois jours harassants et pénibles pour les nerfs. De nombreux candidats rentrent rapidement vers la maison pour continuer leurs révisions avec le programme tout aussi chargé qui les attend la semaine prochaine. D’autres plus joyeux, confiants et sereins rentrent à petit trot espérant achever la suite des examens dans de bonnes conditions. Un contraste qui en dit long sur les chances de réussite et de succès de chacun.

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