La période du confinement général a été vécue durement par les férus de sport. Des millions de Tunisiens avaient, en effet, le plaisir de pratiquer de nombreuses activités physiques et de se rendre, vêtus de survêtements et d’espadrilles, aux différentes salles de sport, implantées dans les agglomérations. Mais le Covid-19 a nécessité la fermeture provisoire de ces espaces de défoulement et de convivialité. Ainsi, privés de leurs loisirs, des hommes, des femmes et des enfants ont dû résister, plusieurs semaines durant, à l’envie de pratiquer, librement, leurs sports préférés.

Mohamed Ben Kermich est maître d’arts martiaux. Il détient une salle de sport au Bardo 2. Grâce à son bon coaching et à sa bonne humeur, il a réussi à gagner la confiance et la sympathie de ses disciples. Son espace de sport accueille près d’une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants, soucieux de leurs physiques ou encore accros au sport. Mais le confinement a nécessité la fermeture temporaire de la salle, ainsi que de tous les espaces destinés aux activités sportives. Une suspension inattendue, qui a engendré des changements importants au niveau de la morphologie de ses disciples et, par conséquent, une nette atténuation de leurs performances. «Le ministère de la Jeunesse et des Sports nous a autorisés à rouvrir nos portes dès le 25 mai. Mais la délégation régionale de la jeunesse et des sports, elle, a préféré reléguer la reprise au 8 juin, une date que nous avons respectée», indique-t-il.

Une reprise avec des pincettes

Le 8 juin, la salle de sport situé au Bardo 2 a donc rouvert ses portes à ses adeptes, sans pour autant reprendre l’activité comme si de rien n’était ! En effet, le ministère de tutelle avait établi des consignes à respecter, impérativement, dans l’optique de minimiser le risque de contamination par le Covid-19. «Nous avons reçu une inspection, relevant du ministère de tutelle, pour nous orienter vers les mesures de précautions à prendre. Les consignes étaient claires et nettes : réduire le nombre des adhérents à -50% et respecter une distance sociale de 4 mètres entre les adhérents. Le port du masque étant obligatoire pour le coach et facultatif pour les sportifs. Autre consigne qui nous a été imposée : l’autorisation d’utiliser les machines de musculation à condition de les désinfecter en permanence», ajoute-t-il.

Toutes ces directives ont été respectées avec un excès de zèle. Il faut dire que la reprise a été timide durant les débuts de juin. Le 8 juin 2020, une poignée d’adhérents ont répondu présents à l’appel. D’autant plus que l’imposition de la distance sociale entre les sportifs a fini par réduire en nombre les différents groupes. «Les groupes comptaient, généralement, une quarantaine de sportifs. Mais après le confinement, poursuit-il, et afin de respecter la distance sociale fixée à 4 mètres, le nombre de sportifs par groupe n’atteignait même pas la quinzaine, soit nettement inférieur au -50% requis. D’autant plus qu’il est interdit, jusqu’à nos jours, de pratiquer des exercices à deux. Seuls les exercices individuels sont permis».

20 kilos de trop pour un adolescent !

Outre la réorganisation des groupes et les précautions qu’exigeait la situation pandémique, Mohamed a dû ré-agencer le rythme de son activité d’entraîneur sportif, et ce, en raison de la prise de poids qu’il avait constatée chez bon nombre d’adhérents. Il faut dire que le confinement et la sédentarité imposés ont sensiblement affecté la morphologie de la plupart des sportifs. «La majorité des dames avaient pris entre 500 grammes et 4 kilos. Mais les adhérents qui ont été les plus touchés par la prise de poids suite au confinement n’étaient autres que les enfants. Certains avaient pris huit kilos, voire plus ! L’un de mes petits sportifs les plus performants avait pris 20 kilos alors qu’il n’est âgé que de 12 ou 14 ans ! En le voyant venir, j’étais sidéré par son poids. Il était devenu carrément obèse», souligne M. Ben Kermich. Et d’ajouter que certains enfants ont été assez bien encadrés par leurs parents durant la période critique du confinement ; une période durant laquelle il n’était point aisé, pour un parent, d’interdire à son enfant de compenser sa liberté par la surconsommation des aliments de prédilection. «Bon nombre d’enfants se sont adonnés à la goinfrerie, recommandant ainsi des collations à répétition et de mauvaise qualité nutritionnelle, d’où le surpoids constaté, une fois le confinement terminé», renchérit-il.

Face à cette situation, Mohamed a dû reprendre son activité en prenant en considération l’état physique de ses disciples. «Je dirais même que nous avons repris à zéro le rythme des exercices en raison de la suspension de cette activité et de ses répercussions. J’ai vu même des disciples essoufflés rien qu’en montant les escaliers et avant même de démarrer la séance», souligne-t-il.  Pour les disciples de M. Ben Kermich, il serait difficile de se délester, rapidement, des kilos de trop, pris durant la période du confinement, à moins d’adopter une panoplie de mesures amincissantes dont le sport, un régime hypocalorique, des draineurs, etc. «Il est plus facile de prendre les kilos. Les perdre, en revanche, n’est point une épreuve aisée. Cela nécessite toute une hygiène de vie à persévérer», conclut le maître des arts martiaux.

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