Le Président de la République Kaïs Saïed a fait de la cité médicale de Kairouan son propre projet. Mieux encore, comme il l’a expliqué à plusieurs reprises, il s’agit d’un défi personnel. Une fois mis en place, ce pôle médical de grande envergure répondra non seulement aux besoins des Kairouanais et des habitants des autres gouvernorats voisins, mais sa réalisation a été aussi confiée à l’institution de l’armée nationale qui supervisera tout le processus.


Baptisé «Cité médicale des Aghlabides», ce projet a été enfin dévoilé par la présidence de la République. On passe désormais à la deuxième phase, celle de sa réalisation concrète. Mais cette volonté politique de concrétiser un tel projet pourrait se heurter à des inconvénients et des obstacles de différentes natures, notamment lorsqu’on évoque le dilemme de la bureaucratie qui a enterré de multiples projets de ce genre. C’est en tout cas ce qui explique que la réalisation de ce projet a été confiée à l’institution de l’armée nationale qui supervisera tout le processus.

Dans un communiqué rendu public, la présidence de la République a annoncé le passage à la phase II de la réalisation du projet de la «Cité médicale des Aghlabides» à Kairouan. Ce projet, qui s’annonce ambitieux, correspond principalement à un complexe médical comportant plusieurs structures hospitalières assurant les différentes spécialités médicales, il prévoit surtout la création de plus de cinquante mille emplois et s’étalera sur 500 hectares. Il est question également de plusieurs espaces et foyers universitaires, d’une zone industrielle dédiée au secteur de la santé, outre un espace pour la production d’énergies renouvelables et une unité d’évacuation sanitaire aérienne.

Toujours selon le communiqué de la présidence, cette cité ne sera pas réservée uniquement aux activités hospitalières et sanitaires. Il s’agira également de la mise en place d’unités résidentielles, mais aussi de centres de loisirs, de cinémas, de parcours de santé et de jardins d’enfants, outre des complexes sportifs. Le projet, dont l’architecture arabo-musulmane sera inspirée de l’histoire de la ville des Aghlabides, abritera également un espace de services sanitaires avec un centre médical, un pôle psychiatrique, un centre d’autisme, un centre d’assistance médicale d’urgence, une clinique militaire multidisciplinaire et deux unités hôtelières, des pharmacies, des banques et des administrations de services publics. Selon la conception du projet dévoilée par la présidence, cette gigantesque cité comprendra notamment un complexe universitaire comportant une académie militaire de médecine, un centre de simulation dédiée à l’école d’ingénierie biotechnique, en plus d’un institut supérieur pour les sciences de la santé et une cité résidentielle pour les cadres.

Opération levée de fonds

Le Chef de l’Etat, qui a présidé une séance de travail consacrée à ce projet, a loué les efforts déployés par l’institution militaire pour l’achèvement des études préliminaires en un temps record. Elle supervisera également tous les processus de sa mise en place en vue de dépasser tout problème d’ordre foncier ou logistique. D’ailleurs, le ministre de la Santé et le gouverneur de Kairouan n’ont pas assisté à cette séance de travail, ce qui laisse entendre que c’est, en effet, l’institution militaire qui prendra les commandes de la réalisation de ce projet. Ce sont les compétences de la direction générale de la santé militaire et de la direction générale du Génie militaire qui ont élaboré la première conception de ce projet.

Reste à savoir quelle partie financera la réalisation de ce projet dont le coût total n’a pas été dévoilé, mais au vu de sa conception, sa mise en place nécessitera la mobilisation de fonds atteignant plusieurs milliards de dinars. En tout cas, pour le Chef de l’Etat, ce projet sera mis en œuvre après le développement de son concept général, affirmant que plusieurs pays et organisations internationales ont fait part de leur disposition à fournir les fonds nécessaires. En effet, actuellement, l’institution de la présidence de la République se penchera sur la seconde phase, celle de la levée des fonds, pour mettre en œuvre le plan d’exécution. D’ores et déjà, plusieurs pays européens, notamment la France, arabes, tels que le Qatar et l’Arabie Saoudite, ainsi qu’un certain nombre d’organisations internationales, ont manifesté leur intérêt pour cet ambitieux projet de développement qui porte dans son essence une portée sociale et humanitaire. Mais il convient de signaler que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourrait contribuer également au financement d’une telle action qui couvrira en matière de soins les habitants des villes du Centre et du Sud de la Tunisie, lesquelles sont à quelques exceptions près de véritables déserts médicaux.

Dans ce sillage, il importe de rappeler que Kaïs Saïed avait présenté ce projet à plusieurs parties étrangères en vue de le financer. Dernièrement, c’est le président français Emmanuel Macron qui s’est dit disposé à aider la Tunisie pour réaliser ce projet. En février dernier, le président-directeur général de la Société internationale pour le financement du commerce islamique, Hani Salem Sonbol, et le vice-président de la Banque africaine pour l’exportation et l’importation, Omar Kamal, avaient également fait part de leur intention de contribuer à la réalisation de ce projet. Durant ce même mois, Kaïs Saïed avait appelé l’Emir du Qatar Tamim Ibn Hamad Al-Thani à financer la construction de cette cité hospitalière. Ce dernier s’est montré également disposé à le faire.

Une fois mise en place, cette ville médicale à Kairouan aspire à devenir l’un des centres reconnus et devra sans aucun doute atténuer la pression sur les structures hospitalières des autres gouvernorats voisins, dont notamment celles de Sousse et Sfax. Kaïs Saïed avait annoncé, rappelons-le, ce projet lors d’une interview pour les 100 jours après son élection. Une fois concrétisée, cette ville médicale sera une première dans le pays en matière d’infrastructures hospitalières, de personnel médical, de qualité de soins et  notamment d’accessibilité des citoyens aux soins.

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