Les représentants des clubs ont eu le dernier mot.

75 des 115 clubs affiliés à la Fthb ont été représentés aux travaux des assemblées générales ordinaire et extraordinaire tenues samedi dernier à Monastir. Outre le fait que cette présence si importante des responsables des associations sportives constitue un record dans l’histoire de ces assemblées, il faut relever que les travaux des deux assises se sont déroulés dans de bonnes conditions, au point que la majorité des congressistes, particulièrement les présidents des clubs de l’intérieur du pays (Médenine, Jerba, Tataouine, Gabès, Kébili, Tozeur, Sidi Bouzid, Gafsa) n’hésitent pas à parler «d’événement à marquer d’une pierre blanche». Et cela, en dépit de quelques moments de tension du reste attendus, vu, d’une part, la conjoncture très difficile que traverse le sport tunisien dans son ensemble, et d’autre part, l’urgence pour les clubs présents d’opter pour des choix jouant leur avenir (pour les uns) et leur survie même (pour les autres ).Le tout aggravé par trois mois de confinement qui ont lourdement impacté toutes les compétitions et ruiné les caisses. En face, et à l’opposé de certaines de ses homologues qui ont imposé leur «diktat» à leurs affiliés, la Fthb a, elle, préféré privilégier le dialogue et la concertation, remparts solides de la démocratie. Et cela a évidemment fait plaisir aux représentants des clubs qui ont salué cette démarche qui leur a —il est vrai— permis de s’exprimer librement et, par moments, de… se défouler en haussant le ton, tantôt à l’adresse de la fédé, tantôt entre eux ! Au bout du compte, ils ont eu le dernier mot par l’imposition de leurs desiderata, même si on a dû, sur certains points émaillés de profondes divergences de vues, recourir au vote pour trancher.

Nouvelle batterie de décisions

Trois ateliers ont été, à l’occasion, organisés qui ont servi de forum d’idées et de centre de débats focalisés sur les trois thèmes suivants : compétition des hommes, compétition des dames et règlements. Concernant le premier volet, les principales décisions prises sont :

– Nationale A : maintien de la même formule pour les quatre journées restantes devant être sanctionnées par la rétrogradation de quatre équipes.

– Nationale B et division d’honneur : ou la fusion entre les deux divisions, ou l’application de la formule suivante : quatre journées (au lieu de huit) à disputer sur terrains neutres avec la participation des équipes qualifiées au play-off en division d’honneur et celles du play-out de la Nationale B. Au terme de ce mini-tournoi, quatre équipes monteront et quatre descendront. Ces deux propositions ont été confiées au bureau fédéral pour en disposer.

– Compétitions féminines: annulation de la formule actuelle (cumul des points des matches seniors et cadettes), feu vert à la participation des joueuses cadettes avec les seniors sans l’obligation d’obtenir l’autorisation du double surclassement, annulation de la formule du cumul des points, réactivation des sélections régionales, nomination d’un conseiller technique en handball féminin, exonération du paiement des frais d’affiliation à la fédération, réactualisation des statuts des centres de promotion et, enfin, instauration, à partir de la saison prochaine, d’un championnat de 22 équipes réparties en deux poules.

– Volet juridique : réactualisation des articles réglementant les procédures et recours à entreprendre concernant les réserves techniques, l’évocation de fraude, l’appel, les cas disciplinaires, les demandes de grâce et le recours à l’arbitrage de l’IHF (Fédération internationale de handball )et de la Cahb (Confédération africaine de handball )qui ont remplacé notre Cnas en matière de traitement des plaintes et pétitions élevées par les plaignants.

Un juge à la tête de la commission indépendante

Par ailleurs, il a été décidé, à l’unanimité, de nommer un juge (au lieu d’un avocat) à la tête de la commission indépendante devant gérer les prochaines élections de la Fthb. Après quoi, place aux travaux de l’assemblée générale ordinaire qui nous ont révélé du bon et du moins bon, des hauts, mais aussi des bas. En effet, selon le rapport moral intéressant la période allant du 31 mars 2018 au 30 juin 2020, l’équipe fédérale avait soufflé le chaud et le froid. Côté fleurs, elle peut se targuer d’avoir engrangé de précieux acquis, tels que la modernisation de la gestion administrative et financière au sein de la Fédération et de ses ligues, la restructuration de la DNA (direction nationale de l’arbitrage), le renforcement de la politique de décentralisation, en organisant notamment, beaucoup plus que par le passé, d’importantes manifestations nationales et internationales à l’intérieur du pays. Toujours volet satisfactions, notons une présence tunisienne désormais plus remarquée au sein de l’IHF, de la Cahb, de l’Union arabe et de la Cmhb (Confédération méditerranéenne de handball), la consécration de la Fthb par l’IHF parmi les douze meilleures fédérations pilote dans le monde, l’honneur échu à Mourad Mestiri de se faire décorer par l’ex-président BCE de l’Ordre du mérite consacrant les sports les plus performants, ainsi que la désignation de plus en plus fréquente de nos arbitres aux championnats du monde et d’Afrique, les deux titres africains remportés par nos sélections masculine et féminine de beach handball, les sacres africains des seniors hommes et des juniors filles, la première historique de la sélection cadette (qualification au deuxième tour du Mondial), l’amélioration du classement du sept national au championnat du monde du Danemark, le sacre africain de l’Etoile Sportive du Sahel et le sacre arabe de l’Espérance Sportive de Tunis.

Des roses et des épines

Ceci côté fleurs. Côté épines maintenant, avec notamment le retentissant fiasco de la dernière CAN organisée en Tunisie, la perte des titres africains des cadets et des juniors, la grève des arbitres et l’accumulation des dettes face au tarissement des recettes dû en grande partie à la chute de 30% de la subvention annuelle de la tutelle. Quant au rapport financier concernant la période qui s’étale du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018, il se caractérise par sa gestion globalement bonne. En atteste l’équilibre entre les dépenses (769 mille dinars )et les recettes (760 mille dinars) pour le titre 1, alors que le titre 2 dégage un déficit de l’ordre de 300 mille dinars dû à la baisse des recettes émanant de la tutelle et des sponsors. Un déficit qui aurait pu s’alourdir sans les mesures d’austérité prises dans la douleur par le bureau fédéral.

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