IL semble que le mouvement Ennahdha a compris qu’il s’est pris à son propre piège, alors qu’il espérait y faire tomber Elyès Fakhfakh et amener le paysage politique et civil national, le Président de la République en premier lieu, à cautionner une manœuvre de basse politique dont les nahdhaouis ont fait la promotion (et persistent encore à la propager) en tant qu’initiative de salut national à même de résoudre la grave crise politique où s’est empêtrée la Tunisie, à la faveur de l’affaire de conflit d’intérêts dans laquelle serait impliqué le Chef du gouvernement en attendant que la justice rende son verdict et que les enquêtes parlementaire et administrative se prononcent.

Hier et en réponse au cinglant démenti opposé par le Président Kaïs Saïed à la révélation répandue par Ennahdha selon laquelle il aurait cautionné l’initiative nahdhaouie portant sur l’ouverture de négociations en vue de changer la formation gouvernementale en place, donc de destituer Elyès Fakhfakh et ses ministres, notamment ceux appartenant aux deux formations politiques constituant la coalition gouvenementale, Attayar et Echaâb, qui ne cachent plus leur désir de voir Ennahdha quitter le gouvernement, les nahdhaouis ont organisé, tout au long de la journée d’hier, une véritable campagne d’explication visant à remettre les pendules à l’heure et à convaincre les acteurs du paysage politique national que leur initiative n’a pour but que de contribuer à trouver une solution consensuelle de nature à sauver la Tunisie et à lui épargner le danger de tomber dans l’inconnu.

Et les nahdhaouis d’insister, dans les apparitions médiatiques qui leur ont été offertes hier, pour justifier leur comportement et lever les équivoques et les malentendus provoqués par les décisions prises lors de la réunion, dimanche, de leur Conseil de la choura, sur le fait qu’ils sont toujours attachés à la valeur cardinale du dialogue et de la concertation qu’ils considèrent comme l’unique mécanisme à même de surmonter les différends et de mettre de côté les tiraillements qui divisent la scène politique nationale quand il s’agit de préserver l’intérêt national.

Reste à savoir si la rhétorique utilisée par les responsables nahdhaouis pourrait convaincre les Tunisiens de la pureté de leurs intentions et les laver de la présomption de manipulation qui pèse sur leurs épaules, présomption qui est en train d’éroder gravement leur crédibilité auprès de l’opinion publique et de détériorer leur image de politiciens qui ne reculent devant aucun stratagème, dont le mensonge — comme les en accuse ouvertement le Chef de l’Etat — ou le chantage, dans le but de parvenir à leurs objectifs et de réaliser leurs agendas.

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