Il paraît que les jeunes Tunisiens ne s’intéressent pas à la politique. Peut-être, si on se réfère à leur taux de participation aux élections de 2014, mais aussi aux récentes élections municipales de 2018. Les prochaines élections législatives et présidentielle peuvent-elles apporter un air de renouveau pour ce qui est de la participation des jeunes Tunisiens aux scrutins électoraux ? Les derniers chiffres avancés par l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) sont, en tout cas, encourageants
Connus  souvent comme étant une catégorie sociale qui se désintéresse de la vie politique et de la participation aux scrutins considérant que la classe politique ne les représente pas, les jeunes Tunisiens semblent avoir changé d’avis au vu de la crise socioéconomique par laquelle passe le pays.  Participer aux élections serait pour eux une bonne alternative pour changer la donne. Alors que la campagne d’inscription pour les prochaines élections législatives et présidentielles va bon train, les dernières statistiques de l’Isie, portant sur les nouveaux inscrits sont, en effet, plus qu’encourageants.

Selon le président de l’instance électorale Nabil Baffoun,  616,471 nouvelles opérations d’inscription ont été enregistrées pour les élections de 2019. Ce chiffre comprend 54,1% de femmes contre 45,9% d’hommes. Le taux d’inscription des jeunes entre 18 et 25 ans a atteint 44,9% sur un total de 662,873 jeunes filles et garçons parmi des élèves, des étudiants, des travailleurs et des sans-emploi. Environ, 70% des nouveaux électeurs inscrits pour ces prochaines élections législatives et présidentielles depuis l’ouverture de l’inscription le 10 avril 2019 ont entre 18 et 25 ans. Toutefois, un million 850.000 femmes et un million 640.000 hommes sont toujours non inscrits.

La campagne visant l’inscription des élèves et des étudiants menée il y a un mois par l’Isie commence-t-elle à porter ses fruits? Pour Baffoun, oui, la nouvelle stratégie de l’Isie qui s’est basée sur la mobilisation des jeunes, des élèves et des étudiants s’est montrée efficace. « L’Isie vise à mobiliser les jeunes, les femmes rurales et la main-d’œuvre agricole et cible les entreprises publiques et privées dans les zones industrielles et les quartiers administratifs », a-t-il rappelé. Le président de l’Isie, qui  dément les rumeurs autour de la défection des jeunes, est certain : « Les jeunes créeront la surprise lors des prochaines élections ».

Faire basculer la balance

Lors des élections municipales de 2018, le taux de participation officiel était de 33,7%. Les jeunes représentaient, en effet, la catégorie qui s’est désintéressée le plus de cet événement électoral. Même constat durant les élections de 2014, lorsque la désaffection des jeunes Tunisiens s’est traduite par un taux de participation assez faible frôlant à peine les 40%.

Mais ce désamour entre les jeunes et la politique durera-t-il longtemps ? On ne sait jamais, ces jeunes électeurs pourraient faire basculer la balance et bouleverser les calculs des partis politiques.

En revanche, il serait utile de rappeler qu’une étude menée par la Ligue des électrices tunisiennes (LET) publiée en janvier dernier fait ressortir qu’environ 75% des jeunes et des femmes ne veulent pas participer aux élections législatives et à la présidentielle de 2019. La vice-présidente de cette Ligue avait d’ailleurs expliqué que « cette réticence était principalement due à l’absence d’amélioration de leur situation sociale et à la déception devant l’échec des partis politiques à mettre en œuvre leurs programmes électoraux ».

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