Le rejet de la candidature de Boughdiri a compliqué une situation déjà sensible. Nous sommes de nouveau au point de départ, mais avec des acteurs qui manœuvrent sans cesse. Et le bout du tunnel ?


C’était donc attendu. La liste de Boughdiri a été invalidée par la commission électorale de la FTF. On parle même d’un faux document  truqué présenté par l’unique candidat à la présidence du club. Les choses se sont rapidement développées et d’une manière grave au sein de ce prestigieux club. C’est le flou total après le rejet de la liste de Boughdiri. Les élections sont reportées à une date ultérieure (de trente à soixante jours d’après les statuts du club) même si on devrait assister à un débat juridique compliqué (d’autres clauses dans les statuts permettent à l’actuel président d’achever son mandat et de remplacer les membres démissionnaires). Bref, c’est vraiment la case départ  pour la famille clubiste où le public demeure le seul maillon fort de la chaîne. Plus de 3.150 cartes d’abonnement validées en vue des élections qui auraient dû se tenir aujourd’hui, et la question qui se pose : quelle issue à ce nombre d’électeurs si les élections se répètent et si (dans un autre scénario) les élections sont annulées tout simplement ?

Ce qui est sûr, c’est que ce décor actuel au CA est très compliqué. On est vraiment dans une situation «kafkaienne» au vrai sens du terme. Ce que ressentent les supporters clubistes est sans doute une profonde amertume, un vrai désarroi tellement ils ne peuvent plus réaliser la gravité de tout ce qui se passe. Le CA s’enlise jour après autre sur fond de crises, de flou et de menaces sérieuses.

Quels scénarios ?

On a un fait, les élections sont reportées vers une date ultérieure. Ça peut être un ou deux mois d’après les statuts (très discutables) du club rédigés des temps de Slim Riahi. Mais une autre piste émerge selon certains juristes sportifs. La balle peut être renvoyée de nouveau vers Younsi pour qu’il appelle ou non à de nouvelles  élections. C’est qu’il a la possibilité aussi de se rétracter et de ne pas appeler à des élections. Dans ce cas, il a la possibilité de terminer son bail et de remplacer les membres démissionnaires par d’autres. Il n’a pas donc d’empêchement juridique a priori. Le comité actuel où figurent Younsi et Oueslati n’est pas dissout. Et c’est là toute la nuance juridique. Younsi jouera sur ce point même s’il rappelle à tout le monde qu’il est prêt à quitter et qu’il attend les élections pour faire la passation. Mais c’est même quelque chose d’infirmé par les coulisses du club qui disent que Abdessalem Younsi tient à son mandat et qu’il ne compte pas lâcher le poste de président à quiconque.

Le facteur temps !

Du côté de la commission électorale auprès de la FTF, une partie importante dans cette affaire, on a reporté les élections. Mais cette commission aura aussi un rôle délicat par la suite. Elle peut, selon certains échos, renvoyer l’ascenseur à Younsi, comme elle peut appeler à de nouvelles élections. Dans tous les cas, il y  a le facteur temps qui presse et qui n’est pas en faveur du club. Entre dettes vis-à-vis des joueurs, et amendes élevées à payer aux ex-joueurs et entraîneurs en litige avec le club, la vue est très floue. Il faut se décider très vite car la situation n’est pas du tout confortable.

Younsi reste, à notre avis, le maître à jouer en ce moment. Il a une marge de manœuvre beaucoup plus importante que tous les autres. C’est lui qui connaît vraiment à quel point la situation financière du club  est contraignante (les montants des dettes et les engagements urgents). Qu’est-ce qu’il prépare dans les jours qui viennent? Une question très importante à élucider. Dans tous les cas, il doit trouver une solution et rassurer le public, y compris ceux qui rouspètent contre sa présence.

Aujourd’hui, le CA est une institution menacée dans son existence. Les événements se succèdent vite et d’une manière dramatique. Seul le public reste aussi fidèle et aussi précieux pour son club. C’est la seule variable «fiable» et significative. Ce public est en extrême frustration : il aime que tout soit remis en ordre. Cela va être compliqué de voir le CA, avec le spectre des dettes à payer et l’incapacité de ses dirigeants à apporter une solution, redevenir vite sain et sauf. Mais tant qu’il y a de l’espoir…

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