Les PME constituent la source principale de création d’emplois et de richesses et le véritable levier de croissance dans les économies modernes.
Ces PME sont désormais confrontées à une multitude de difficultés, dont notamment l’accès aux financements et aux marchés. D’après M. Wajdi Neffati, directeur de la coopération internationale à l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation, et au regard du rôle de plus en plus important que jouent les PME, toutes les parties (Etat, patronat, entreprises) sont appelées à consentir davantage d’efforts afin d’assurer leur développement et leur pérennité. En Tunisie, un arsenal de mesures a été mis en place au niveau législatif et procédural, mais les résultats restent mitigés.

Concernant l’accès des entreprises aux marchés et compte tenu de l’exiguïté du marché national, de la globalisation à l’échelle mondiale et de la compétitivité dont elle jouit, «la PME tunisienne a entamé, depuis des décennies, son développement à l’international».

Investir localement
Cela a été appuyé par le concours des différentes mesures législatives et initiatives de réseautage mises en place (loi 72, code des investissements, Foprodex, Famex, partenariats internationaux…), ayant incité les entreprises tunisiennes à investir localement dans des activités totalement ou partiellement destinées à l’export».

Et d’ajouter que depuis 2006, le concept d’internationalisation des entreprises tunisiennes a évolué, «grâce notamment à l’assouplissement des procédures de transfert de devises de la BCT. L’internationalisation est en effet perçue comme étant une stratégie de développement d’une entreprise au-delà de son marché national d’origine. Elle peut se manifester par l’implantation d’unités de production dans d’autres pays ou la conquête de plusieurs marchés nationaux».

M.Naffati précise que la saturation du marché national et la réduction des marges et de la rentabilité ont fait que l’entreprise cherche de plus en plus à s’internationaliser, notamment vers les pays du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, mais également dans certains pays de l’Europe.

Dans le même contexte, l’expert rappelle que plusieurs mesures ont été prises en vue d’aider les entreprises tunisiennes à engager un processus d’internationalisation. «Ainsi, l’entreprise exportatrice peut disposer de la totalité de ses ressources en devises à hauteur de 10 millions de dinars».

S’orienter vers de nouveaux marchés
Selon M.Achwek Ben Hassine Ghozzi, du Centre de documentation et d’information industrielle (Apii), les PME tunisiennes tentent de nouer des partenariats internationaux et de s’orienter vers de nouveaux marchés afin de renforcer leur compétitivité.

Ainsi, «l’internationalisation des PME tunisiennes se présente comme une piste pour favoriser directement leurs gains de productivité mais aussi pour améliorer les performances économiques nationales. Similaires aux économies mondiales, l’économie tunisienne est diversifiée grâce à ses secteurs phares, dont l’industrie manufacturière qui représente 17% du PIB».

Les PME constituent la locomotive de cette industrie et représentent plus de 90% du tissu industriel et plus de 50% des emplois totaux et 90% des exportations tunisiennes.

D’après les statistiques fournies par la responsable, «le tissu industriel de la Tunisie compte 5.319 entreprises ayant un effectif supérieur ou égal à 10. 44% des unités industrielles sont totalement exportatrices et ont choisi de s’imposer sur la scène économique mondiale. Ces entreprises emploient 335.550 de la main-d’œuvre industrielle. Ce qui reflète l’importance que revêt l’exportation en matière d’employabilité, de compétitivité et de croissance économique».

Le tissu industriel compte 1.567 entreprises à participation étrangère, dont 80% travaillent pour l’export. 964 des unités à participation étrangère sont à capitaux 100% étrangers.

Les résultats du baromètre des PME industrielles réalisé par l’Apii en 2018 ont montré que 69% des PME tunisiennes refusent de s’ouvrir aux partenariats. Le même constat a été révélé par la répartition du tissu industriel par capital, illustrant que 71% des entreprises sont à capitaux 100% tunisiens.

En analysant le régime des entreprises à capital 100% tunisien, on note que 28% sont exportatrices. Alors que le pourcentage est plus important pour les entreprises à capital mixte et est de l’ordre de 64%.

Les secteurs agroalimentaire, mécanique et électrique et textile et habillement sont à la tête du peloton des secteurs les plus exportateurs. «Ce qui justifie leur internationalisation et leur présence sur les plus grands marchés mondiaux et leur réussite à conférer au label «made in Tunisia» une empreinte de savoir-faire et de compétitivité».

Charger plus d'articles
Charger plus par Najoua Hizaoui
Charger plus dans Economie

Laisser un commentaire