L’Etat tunisien envisage à mettre en place un nouveau socle de Protection Sociale à l’horizon de 2021, s’axant sur plusieurs points visant à garantir un accès aux soins au profit de la population la plus démunie, un revenu minimum pour ceux qui en sont dépourvus, un revenu pour les personnes âgées, les personnes handicapées et pour les enfants.

Pour ce faire, un ensemble d’études a été fait pour revenir en particulier sur la faisabilité des dimensions de ce nouveau socle qui s’annonce prometteur. En effet, conformément au plan de développement économique et social 2016-2020, des études ont été menées pour la mise en place d’un Socle National de Protection Sociale

Une nouvelle approche de la protection sociale

Dans ce sens, le ministère des Affaires sociales et le Centre de Recherches et des Etudes Sociales (CRES) ont présenté, ce matin, les résultats de ces études portant notamment sur la réforme du système de protection sociale tunisien, mais aussi les recommandations du nouveau système de protection sociale. Inaugurant la conférence de présentation des résultats des études de faisabilité sur les garanties du Socle National de Protection Sociale, le Chef du Gouvernement Youssef Chahed a misé sur l’importance de renforcer et d’améliorer le système de la protection sociale en Tunisie, affirmant que son gouvernement est déterminé à poursuivre les réformes nécessaires. Présent également lors de cette conférence, Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales a reconnu que le système de sécurité sociale tunisien actuel « est usé et souffre d’énormes manquements et défaillance, ce qui explique la nécessité de poursuivre les réformes nécessaires ». Le ministre a rappelé également que le gouvernement vise à généraliser la couverture d’accès aux soins à tous les Tunisiens à l’horizon de 2021.

Accès aux soins

Les études menées font observer que sur l’ensemble de la population tunisienne estimée à plus de 11,3 millions d’habitants, 58% d’entre eux bénéficient de la couverture de l’assurance maladie, 7,3% bénéficient de l’assistance médicale gratuite (AMG1) et 17,2% bénéficient de l’assistance médicale à tarif réduit (AMG2), le reste de la population estimé à 17,2% est dépourvue de toute couverture sociale contre la maladie. Ces rapports font état également d’inégalités régionales et de dégradation de la qualité des services rendus par les structures publiques de santé en dépit d’une offre de soins relativement importante au niveau de l’infrastructure et des ressource humaines. Toutefois, 632.500 chômeurs restent dépourvus de toute assurance médicale, le futur régime doit couvrir de telles catégories sociales vulnérables, a-t-on recommandé. Les dépenses publiques en matière d’assistance médicale gratuite et d’assistance médicale à tarif réduit s’élèvent actuellement à 518 millions de dinars par an. Pour ce qui est de la concrétisation de ce droit d’accès aux soins, les études recommandent notamment la création de pôles de santé régionaux qui garantiront un accès aux soins de spécialités, à l’hospitalisation et aux médicaments nécessaires outre le conventionnement avec les fournisseurs du secteur privé dans les zones où l’offre publique est faible. Les projections montrent que le futur régime exige à partir de 2020 un financement compris entre 0.92% et 1.31% du PIB.

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