Mohamed Ali Ben Romdhane (21 ans) ne connaîtra pas son éclosion à l’Espérance. C’est un choix qui risque fort bien d’être regretté.


Le fort probable départ du jeune international «sang et or», Mohamed Ali Ben Romdhane, annoncé à Nîmes, nous interpelle à plus d’un titre.
D’abord, il y a lieu de poser la question qui vient rapidement à l’esprit : que compte «vendre» ce joueur à ses recruteurs qui n’ont pas mis le gros paquet pour l’enrôler?
Ensuite, qu’a donné Ben Romdhane à l’Espérance qui, grâce à sa notoriété sur le plan africain et international, lui a permis de se frayer un chemin vers la réussite?
Pour répondre à la première question, disons-le en toute franchise, Ben Romdhane n’est pas un grand joueur. Il est peut-être le projet d’un grand joueur, mais à condition qu’il franchisse plusieurs étapes. Des étapes qu’il aurait dû franchir à l’Espérance d’abord en servant son club et en lui rendant un peu de ses faveurs et de s’aguerrir davantage pour pouvoir prétendre à un transfert digne d’un international qui promet.
D’aucuns diront que Ben Romdhane aura quand même la possibilité de se perfectionner dans un club professionnel européen. Mais il ne faut jamais perdre de vue la «cruauté» de la concurrence et de la rivalité en Europe où il suffit de ne pas taper dans l’œil dans un match pour être rapidement «grillé» et moisir sur le banc des remplaçants. Et du coup, la célébrité espérée cédera la place à l’anonymat et à l’oubli. C’est cela le revers de la médaille dans ce genre d’opérations de transfert.
Mais sans pour autant être trop pessimiste, en cas de réussite, le choix de Ben Romdhane serait alors plus judicieux que celui qui aurait été fait pour un club arabe où aucune évolution n’est à attendre.
Dans un précédent article à propos du départ attendu de Ben Romdhane, nous n’avions pas manqué de citer quelques exemples de transferts historiques réussis, à l’instar de ceux de Tarek Dhiab à Ahly Jeddah après une longue carrière au service de l’Espérance et de l’équipe nationale.
Les Nabil Maâloul, Youssef M’sakni et dernièrement Saâd Bguir ont su comment «vendre» leur talent bien ancré et négocier juteusement leurs contrats. Pour revenir à Tarek Dhiab qui reste le meilleur exemple à suivre, il y a lieu de rappeler que le seul «ballon d’or» africain tunisien ne s’était positionné sur le mercato qu’après la fameuse phase finale de la Coupe du monde de 1978.
En conclusion, il faut savoir patienter et ne pas bousculer le cours normal des choses.
Sinon, le risque de voir ses rêves se briser serait des plus grands.

A.BACCAR

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