Amin Chaouali est l’un de ces artistes insaisissables, inclassables, ouvert à tous les vents de la création, se laissant porter là où le mène l’inspiration du moment. Et elle le porte toujours à bon escient. Le support importe peu, il a la virtuosité de les dominer pour la plupart. Et quand il ne sait pas, il essaie quand même, curieux de se dépasser, de défricher de nouveaux terrains, d’ouvrir des voies inconnues pour lui. On l’a rencontré peintre de la nature, commettant de gracieux paysages, s’inspirant d’une veine orientaliste qu’il aimait à retrouver. Puis très vite libéré, il a cherché sa propre route, à travers des expériences sans cesse renouvelées : portraits, collages, travaux sur textile, céramiques, sculptures…

Aujourd’hui, il revient à la galerie Saladin à laquelle il est fidèle, et il est important de le signaler car la fidélité d’un artiste à une galerie se fait de plus en plus rare. Il y expose des sculptures de chats en céramique, animal emblématique que de nombreuses civilisations ont encensé.

Sa collection de chats, traités de façons diverses, ascétiques ou enrobés, élégants ou paresseux,  statiques ou en mouvement, est certes intéressante. Mais là où nous avons rencontré Amin Chaouali, c’est là où on l’attendait le moins, dans la performance qu’il offrait. Un étonnant décor de carton pâte, ou même pas. Une structure éphémère de papier toute en trompe-l’œil, en jeux d’équilibre improbables, en virtuosité aérienne. Un jeu troublant avec le réel, une percée onirique qui fait nous sentir en porte-à-faux, remettant en question la réalité de notre vision, nous obligeant presqu’à toucher pour y croire. Le jeu est subtil, délicat et perturbant.D’autant plus qu’éphémère.

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Charger plus par Alya HAMZA
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