Bardo Fest, ce lieu de culture, fait partager une énergie unique entre artistes et riverains, et consolide sa vision d’être un incubateur de projet… un tour du côté de la maison du théâtre en compagnie de Slim Sanhaji.


La maison du théâtre du Bardo a changé de peau, cela est visible dès les premiers pas foulés dans cette rue, en retrait au cœur du quartier. Ce qui était censé être un simple lieu de rendez-vous des artistes du théâtre est devenu un espace de travail, un laboratoire de projets et de spectacles. Une première tranche du budget a servi à aménager l’espace intérieur et aujourd’hui, nous découvrons 2 salles de spectacles polyvalentes bien aménagées, et une entrée accueillante où les énergies créatives se rencontrent. Un long couloir en guise de galerie «sur le mur». Quant à l’espace extérieur en plein air destiné aux représentations estivales, il fait partie du chantier à venir. Il sera couvert, donc fonctionnel été comme hiver avec des loges pour les artistes qui lui seront annexées.

Slim Sanhaji est à la direction de la maison du théâtre. Depuis 2009, il était à notre rencontre : «Ce lieu a vu le jour dans le cadre d’un ancien projet, celui des maisons des arts,( maison de la poésie, maison de l’écrivain…) mais contrairement à certains qui ont opté pour une formule de clubs pour les adhérents, la maison du théâtre du Bardo s’est distinguée par une vocation purement culturelle», tient-il à dire.

Au départ, le statut juridique se posait comme une entrave, il fallait le mettre au clair et cela a pris 6 bonnes années. Slim Sanhaji s’est investi entièrement pour que la maison du théâtre puisse être exploitée à sa juste valeur.

L’objectif était de faire de vraies salles de spectacles qui seraient polyvalentes et un espace de fonctionnement et d’accueil.

Une fois le budget accordé, la première tranche a servi pour l’aménagement des salles et une entrée chaleureuse afin d’accueillir le public et tous ceux qui voulaient adhérer aux différents cours proposés : théâtre et danse pour adultes et enfants.

L’espace central, qui est à l’entrée, s’est vu transformer en un café-théâtre avec une mini-scène, une petite bibliothèque et une buvette pour les habitués.

«Je voulais créer une dynamique propice à l’échange des idées, j’ai toujours été convaincu, qu’autour d’un café ou lors d’un échange convivial et improvisé, des initiatives naissent. La maison du théâtre est un lieu de culture qui a réussi à s’intégrer au tissu urbain du quartier, le voisinage l’a découvert, il y envoie ses enfants et participe à ses activités et c’est le but», explique Slim Sanhaji.

Des rencontres d’artistes à la maison du théâtre du Bardo, des projets sont nés, des résidences artistiques ont eu lieu et des groupes de travail se sont formés.

«Quand j’ai pris la direction des lieux, il y avait déjà les journées théâtrales du Bardo, qui étaient à leur 9e édition. J’ai voulu apporter plus de dynamique qu’un simple festival, et j’ai commencé de la base. L’idée était de construire, à partir des ateliers et des résidences que nous faisons tout au long de l’année, un produit culturel pour le festival. Et c’est ainsi qu’est né “Bardo Fest“ qui, en plus d’intégrer les journées théâtrales, s’ouvre sur d’autres arts et nous avons 4 soirées théâtrales, 4 musicales et 3 cinématographiques».

L’année dernière, c’était la première édition de Bardo Fest, et dans son espace ouvert pouvant accueillir près de 500 personnes, le public était là. Il a constitué une nouvelle donne dans le quartier et a pu aussi rayonner sur les alentours.

La deuxième édition, qui aura lieu du 21 au 30 août, s’articule autour de ce côté laboratoire. En liaison avec le projet act Now entre Bardo et le Centre culturel de Hammamet, 3 projets de théâtre, 2 de musique et 1 documentaire ont vu le jour. Un travail de réseautage est né aussi avec la maison de la poésie, Al Abdellia et le Kef.

Accompagner les projets de l’idée à la réalisation est la colonne vertébrale de la programmation. «Le travail interdisciplinaire est essentiel et, pour moi, les énergies doivent se rencontrer. J’aime être étonné avant d’étonner le public, vivre un jour de plus de création. Et c’est ma manière de m’oxygéner et de donner une impulsion à une dynamique créative. La maison du théâtre est un lieu charnière pour les étudiants d’arts qui se rencontrent sur les lieux et apportent un souffle nouveau», dit-il avec enthousiasme.

Pour la deuxième édition de Bardo Fest, il y aura plus d’ouverture, plus de sorties de résidence, vu le travail fait en amont. Le programme est quasiment bouclé. Le rendez-vous fixé pour le mois d’août. Le public sera au rendez-vous et Bardo vivra au rythme de son festival. Un travail qui s’est construit dans la durée et n’est pas près de s’interrompre.

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