Il fut un temps où les trois présidents célébraient côte à côte la fête de la République, mais en ces temps marqués par la division, certains, animés par l’esprit de vendetta, préfèrent jeter leur dévolu sur le leader Habib Bourguiba, en omettant de mentionner son nom, le temps d’une célébration, comme est venu le confirmer le communiqué publié à cette occasion par l’ARP et qui a effacé d’un trait le militantisme de ceux qui se sont sacrifiés pour l’indépendance et la liberté du pays.

Piètre exercice d’autosatisfaction en totale dissonance avec la réalité du pays. Les déclarations panégyriques de nos politiques sonnent tellement faux que c’est l’étonnement et l’inquiétude qui s’emparent de la majorité  des citoyens. Le communiqué de l’ARP ne déloge pas à la nouvelle règle post-révolution visant par tous les moyens à diaboliser l’ère bourguibienne et minimiser ses acquis.
Le Président de la République, Kaïs Saïed s’est rendu  au cimetière Jellaz à l’occasion de la célébration du 63e anniversaire de la fête de la République et a récité la Fatiha en prime lieu à la mémoire  des deux martyrs Mohamed Brahmi et Chokri Belaïd. Un acte hautement symbolique et un message adressé à certains partis au moment où l’affaire de l’assassinat du martyr Brahmi connaît de nouveaux rebondissements. Le Chef de l’Etat s’est ensuite recueilli à la mémoire des  deux anciennes figures du mouvement national Salah Ben Youssef et Ahmed Tlili. A la fin, il s’est rendu au carré réservé à la famille Caïd Essebsi, où il a rendu hommage au président Béji Caïd Essebsi, selon un communiqué rendu public par la présidence.
Pour sa part, le président de l’ARP, qui fait l’objet d’une motion de retrait de confiance déposée contre lui par 73 députés, a célébré ce jour de fête presque en solo et s’est contenté d’inaugurer l’amphithéâtre portant le nom du défunt président Beji Caïd Essebsi à l’ARP tout en participant à une cérémonie militaire et le salut du drapeau national. Son sort est entre les mains de la plénière du 30 juillet . Le bras de fer se poursuit encore sous l’hémicycle et ne fait que s’accentuer au fil des jours  et des désignations.
Au niveau de la présidence du gouvernement, les regards sont braqués sur le nouveau locataire de La Kasbah  beaucoup plus que sur la célébration du 63e anniversaire de la fête de la République. On s’est contenté à cette occasion d’un communiqué où l’espoir en des lendemains meilleurs est toujours permis. Des acquis ont été réalisés mais le pays manque toujours d’institutions républicaines fortes et équitables, souligne le communiqué de la présidence du gouvernement.
Trois présidences et trois manières différentes de célébrer une fête nationale dédiée à la proclamation de la République et l’abolition de la monarchie en 1957. La Tunisie se retrouve, neuf ans après la Révolution, à la croisée des chemins. Kaïs Saïed semble avoir franchi le Rubicon et fait son choix en désignant son ministre de l’Intérieur pour former le nouveau gouvernement. Les propositions des partis politiques n’ont pas été retenues  par le chef de l’Etat qui se démarque de plus en plus des partis politiques et ne rate jamais l’occasion de pointer du doigt les marionnettistes et les comploteurs contre l’Etat. La légitimité est aujourd’hui à réviser.
Le Président de la République, Kaïs Saïed, a révélé ces derniers jours l’existence de complots avec l’étranger contre la légalité en Tunisie. Ceux qui sont sur le banc des accusés  doivent se mettre à l’évidence qu’ils sont visés par les récentes mises en garde du locataire de Carthage à leur égard et qu’ils ne seront pas épargnés.

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